24
Nov
08

Ultra-gauche : pétition initiée par La Fabrique

Ci-dessous le texte de la pétition initiée par Eric Hazan et Les Editions La Fabrique (http://www.lafabrique.fr).
Pour la signer : renvoyer nom et profession à l’adresse suivante : petition.tarnac(at)gmail.com (remplacé at par @).

PÉTITION

Une opération récente

Une opération récente, largement médiatisée, a permis d’arrêter et d’inculper neuf personnes, en mettant en œuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l’inconsistance de l’accusation de sabotage des caténaires, l’affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, « le but de leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’État, et de parvenir par la violence – je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise – à troubler l’ordre politique, économique et social ».

La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n’existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché. L’inculpation pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » est plus que vague : qu’est-ce au juste qu’une association, et comment faut-il entendre ce « en vue de » sinon comme une criminalisation de l’intention ? Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu’il peut s’appliquer à pratiquement n’importe quoi – et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d’exception.

Les personnes inculpées n’ont pas été choisies au hasard, mais parce qu’elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des manifestations – dernièrement, celle de Vichy, où s’est tenu le peu honorable sommet européen sur l’immigration. Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans la région, où un comité de soutien s’est organisé dès leur arrestation. Ce qu’ils cherchaient, ce n’est ni l’anonymat, ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole. Finalement, l’absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.

En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu’à quel point allons-nous accepter que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d’expression ? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont elles compatibles à long terme avec la démocratie ? Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c’est à nous de la donner, et d’abord en demandant l’arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l’exemple.


14 Responses to “Ultra-gauche : pétition initiée par La Fabrique”


  1. 1 ivy
    novembre 24, 2008 à 10:05

    bonjour. très bonne initiative, mais pourquoi ne pas proposer cette pétition à la signature sur un site gratuit type mes opinions.com ?
    http://www.mesopinions.com/
    merci.

  2. 2 ptitnuage
    novembre 24, 2008 à 15:16

    Eh bien voilà on a nos prisonniers politiques en France ! Et cela ne va certainement pas aller en s’arrangeant…

    Saluons et soutenons cette initiative de soutien ( indispensable ) à ces jeunes qui risquent vingt ans de leur jeunesse pour avoir critiqué cette société destructrice et d’aliénation !

    Merci à Eric Hazan d’avoir le courage de ses opinions – et il en faut du courage dans ce totalitaristme rampant -.

    Merci également à O. Besancenot pour son combat contre Taser. J’espère que ça ira jusqu’à la cour européenne des droits de l’homme.

  3. 3 jicé
    novembre 24, 2008 à 15:38

    Tazer, n.m, substantif « Tazer ». Verbe : Tazer : je te taze, tu me tazes etc. Ressemble furieusement à Gazer : « A Auswitzch on n’a tazé que les poux » (Faurrisson).

    On y va droit dedans, effectivement.

    Cordialement, jicé

  4. 4 gounouf
    novembre 24, 2008 à 16:26

    je suis allé sur le site de la fabrique et je ne vois pas comment signer la pétition?

  5. 5 hyo
    novembre 24, 2008 à 17:46

    oui, comment on fait pour signer la pétition?

  6. 6 birin
    novembre 24, 2008 à 18:02

    Pour signer la pétition il suffit de faire comme il est écrit en haut de cette page, envoyer un email à lafabrique.fr.

  7. 7 sancho
    novembre 24, 2008 à 18:12

    Un texte diffusé à Lyon:

    Paranoïa répressive : contre un monde qui déraille

    A l’heure où l’état d’exception est la seule réponse au désordre généralisé, l’Etat peut tout se permettre quand il s’agit d’écraser ce qui s’oppose effectivement à l’ordre normal des choses (monde du contrôle, de l’exploitation et des dominations). L’antiterrorisme comme figure de l’Etat d’exception définit l’ennemi intérieur, circonscrit la menace, s’installe dans le quotidien.

    Cette menace devient effective quand elle est affaire de gestes et plus d’opinions, quand elle quitte le registre symbolique/neutralisé, quand elle sort des grèves raisonnables, inoffensives. La contestation est effective quand elle change quelque chose, quand elle fait une différence inintégrable, inassimilable dans le grand cirque de la démocratie représentative. Le sabotage du train-train à grande vitesse rentre dans cette catégorie par son incidence réelle, par ce qu’il préfigure comme arrêt réel de l’économie, de la grande machine à fabriquer les riches et les pauvres.

    L’antiterrorisme pour conjurer la menace, conjurer le potentiel subversif de ce geste, d’autant plus appropriable et contaminant qu’il ne pouvait blesser personne. Ça dérange, il faut faire un exemple alors, ça choppe des gens et tant pis s’il n’y a pas de preuves (puisqu’on est dans l’exception). Ils et elles sont accusé-e-s d’avoir répondu sur le terrain d’une résistance effective. Evidemment, les gens choppés ne l’ont pas été par hasard, ils et elles sont soupçonné-e-s d’avoir participé à des rassemblements et des manifestations notamment à Vichy, d’écrire des pamphlets, et de vivre autrement… Et c’est bien là le fond de l’affaire. Parce que s’attaquer aux modes de vie n’est pas simplement un prétexte. Construire des liens matériels, accueillir les sécessions, rendre le monde vivable effectivement voire désirable. Trouver des lieux communs pour ne plus vivre piégé dans l’univers de l’économie, une autonomie alimentaire relative; un déploiement de solidarités concrètes comme en témoigne le village de Tarnac par les réunions publiques à deux cent du comité de soutien. Voilà ce qui pose problème. En définitive, faire de la politique dans le réel et de ce point de vue répondre à l’Etat et à Sarkozy sur le même registre du « je fais ce que je dis ». Un autre réel, réel de la lutte, de l’émancipation, etc.

    Alors, nos malfaiteurs aux fins terroristes on leur reproche en substance : une existence non consumée dans les circuits de l’exploitation, d’être capables de s’organiser pour échapper à des vies gâchées d’intérimaires, des perspectives bouchées de lycéens et d’étudiants condamnés par avance, par contumace, au boulot jusqu’à 70 ans, dimanche compris… Au lieu du travailler plus pour gagner plus, travailler moins, comme l’a relevé le Figaro, et y gagner une vie partagée. Autres éléments à charge : des livres, en lire, en écrire. Là aussi est le crime, répondre par des gestes à des prises de position, des énoncés. Rendre ces gestes disponibles par l’écriture folle, anonyme, sans origine assignable, les affiches, tracts, et autres manifestes. Là où l’antiterrorisme c’est précisément la logique impériale de la conjuration des événements et le régime de l’atténuation paranoïaque et généralisée ; le crime ici est celui d’articuler la pensée et l’action, et par là, rendre quelque chose possible.

    Ils veulent s’attaquer aux possibilités même de la lutte, comme avec le service minimum face aux grèves, comme avec les référendums dans les universités, les déploiements de robocops-experts héliportés à la première auto-réduction tentée , comme avec cet appel d’offre sur la veille préventive de l’opinion, comme avec la prévention situationnelle, comme avec l’occupation militaire des quartiers à la moindre émeute (à Villiers-le-Bel, à Romans sur Isère, les gens se sont pris aussi 96 heures de GAV).

    Alors oui il y a montage policier (on fabrique des terroristes avec une demi-manif, trois bouquins et une ferme), mais ce montage policier n’est pas si artificiel, il s’enracine dans une histoire de l’oppression. L’antiterrorisme s’inscrit en réaction à l’affirmation de la communauté, au refoulé de l’Etat français et ce au nom de la démocratique consensuelle. La communauté en France, on s’y attaque depuis la loi Le Chapellier, les lois anti-sectes, les lois scélérates anti-anarchistes des années 1880 qui justement condamnent l’association de malfaiteurs et plus récemment l’interdiction de stationner à trois dans un hall d’immeuble…

    Oui, une insoumission chronique anime les quartiers, oui les facs remuent contre la privatisation, 3000 personnes se déplacent contre Vichy et soutiennent physiquement les sans-papiers, les centres de rétentions crament, les chemineaux bloquent les rails. La solidarité s’active pour les emprisonné-e-s, à Paris, Tarnac ou Lyon. Oui, la révolte en actes !

    (1): Pendant le mouvement anti LRU de novembre 2007, la police a envoyé tout un escadron de crs de gendarmes mobiles, et d’experts scientifiques à la fac de Bron suite à la réquisition de deux caddies de provisions dans un super-marché.

  8. 8 ptitnuage
    novembre 24, 2008 à 18:24

    Je n’arrive pas non plus à signer la pétition.

  9. novembre 24, 2008 à 19:44

    Les parents ont fait une lettre ouverte :
    Lettre ouverte des parents des neuf mis en examens du 11 Novembre

    Dimanche, 23 Novembre 2008

    Lorsque la cacophonie s’accorde pour traîner dans la boue une poignée de
    jeunes emmurés, il est très difficile de
    trouver le ton juste qui fasse cesser le vacarme; laisser place à plus
    de vérité.
    Certains médias se sont empressés d’accréditer la thèse affirmée par la
    ministre de l’intérieur dans sa conférence de
    presse, alors que les perquisitions étaient en cours :
    Les personnes arrêtées étaient d’emblée condamnées.

    Personne n’aura pu rater l’épisode de « police-réalité » que nous avons
    tous subi la semaine passée. L’angoisse, la peur,
    les pleurs nous ont submergé et continuent à le faire. Mais ce qui nous
    a le plus blessés, le plus anéanti, ce sont les
    marées de mensonges déversées. Aujourd’hui ce sont nos enfants, demain
    ce pourrait être les vôtres.
    Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les
    quelques évidences qui suivent tentent
    de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.

    Les interpellés ont à l’évidence bénéficié d’un traitement spécial,
    enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d’eux
    des personnes hors normes. La police les suspecte d’être trop organisés,
    de vouloir localement subvenir à leurs
    besoins élémentaires, d’avoir dans un village repris une épicerie qui
    fermait, d’avoir cultivé des terres abandonnées,
    d’avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes agées des
    alentours. Nos enfants ont été qualifiés de
    radicaux. Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à
    la racine. A Tarnac, ils plantaient des carottes
    sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l’intelligence et les
    décisions sont plus joyeuses lorsqu’elles sont
    collectives.

    Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la
    simple lecture du livre « L’insurrection qui vient »
    du Comité Invisible fait d’une personne un terroriste, à force d’en
    parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer
    des milliers sur son territoire. Ce livre, pour qui prend le temps de le
    lire, n’est pas un « bréviaire terroriste », mais un
    essai politique qui tente d’ouvrir de nouvelles perspectives.

    Aujourd’hui, des financiers responsables de la plus grosse crise
    économique mondiale de ces 80 dernières années
    gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la
    misère des millions de personnes, alors que
    nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d’avoir débranchés quelques
    trains, sont enfermés et encourent jusqu’ à 20
    ans de prison.

    L’opération policière la plus impressionante n’aura pas été de braquer
    cagoulé un nourrisson de neuf mois en plein
    sommeil mais plutôt de parvenir à faire croire que la volonté de changer
    un monde si parfait ne pouvait émaner que
    de la tête de détraqués mentaux, assassins en puissance.

    Lorsque les portes claquent, nous avons peur que ce soient les cagoules
    qui surgissent. Lorsque les portent s’ouvrent,
    nous rêvons de voir nos enfants revenir.

    Que devient la présomption d’innocence?
    Nous demandons qu’ils soient libérés durant le temps de l’enquête et que
    soient evidemment abandonnée toute
    qualification de terrorisme.

    PS: Nous tenons à saluer et à remercier les habitants de Tarnac qui
    préfèrent croire ce qu’ils vivent que ce qu’ils
    voient à la télé.

    http://www.comite-visible.info
    http://www.soutien11novembre.org
    —————————————————————
    http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=1078

  10. novembre 24, 2008 à 21:40

    bonjour.
    pourquoi ne pas proposer cette pétition sur un site comme « mesopinions » pour en faciliter la signature par tous (et informer par la même occasion) ?
    merci.

  11. novembre 25, 2008 à 03:46

    Je rejoins Ivy, une petition en ligne serait plus efficace, plus simple et plus visible.

  12. 12 nico
    novembre 25, 2008 à 13:16

    j’aimerais signer mais la page de La fabrique ne marche pas ! trop sollicitée ?
    bon courage à tous

  13. 13 bottex
    décembre 4, 2008 à 20:54

    de tout coeur avec vous


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