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«Je savais qu’ils n’avaient rien contre moi», interview de Mathieu

Publiée par le Paris Normandie, cette interview revient sur l’arrestation musclée, la garde à vue et les raisons de cette arrestation (un peu). Prise ici.

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Placé en garde à vue pendant quatre jours, le Rouennais Mathieu tente de comprendre aujourd’hui les raisons qui ont poussé la justice à s’intéresser à lui et à ses amis (photo Boris Maslard)

«Le troisième jour de garde à vue a été le plus dur à vivre. Je commençais à vraiment être éprouvé et sans commencer à voir le bout du tunnel.» Après une centaine d’heures de garde à vue vécue la semaine passée dans le cadre de l’enquête sur les sabotages à la SNCF, Mathieu B. est plutôt en forme.

Même s’il confie «avoir perdu cinq kilos», il est le moins marqué des trois Rouennais éprouvés nerveusement et psychologiquement par cette épreuve qui s’est déroulée dans les locaux de la sous-division anti-terroriste à Levallois et Nanterre.

Fragiles depuis leur libération samedi après-midi, notamment victimes de troubles du sommeil, Elsa B. et Bertrand D. ne souhaitent pas s’exprimer publiquement. Dans un autre état d’esprit, Mathieu B. a répondu aux sollicitations des médias. Filmé hier après-midi par une équipe de Sept à huit, l’émission de reportages de TF1, l’étudiant âgé de 27 ans, fraîchement diplômé de l’école des Hautes études en sciences sociales, s’est aussi longuement confié à notre journal.

Dans quelles conditions avez-vous été libéré?
Mathieu B.: « Tard samedi soir. Je suis passé le dernier devant le juge d’instruction (NDLR, au palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité). Cela a duré cinq minutes. L’avocat commis d’office m’avait prévenu un peu avant que mon dossier était vide. Un peu embarrassé, le juge m’a signifié mon placement sous contrôle judiciaire et ma mise en examen. Une fois dehors, j’ai retrouvé les autres qui venaient d’être libérés et des amis venus nous accueillir.»

Ensuite?
«Avec ma compagne (Aria T., arrêtée avec lui à Tarnac et qui a aussi vécu la garde à vue), nous sommes rentrés à Rouen par le dernier train. Et le lendemain matin, nous sommes allés chercher notre fils de neuf mois qui était chez mes parents. Nous avons raconté à nos proches l’enchaînement des événements.»
Que retenez-vous des premiers moments de la perquisition?
«Nous avons été braqués nus par des policiers cagoulés, et menottés. Le lit de notre fils a été retourné, les pots de confiture de ma mère vidés. Cela a duré des heures, sans qu’ils ne trouvent rien de compromettant.»

Quand avez-vous été conduits à Paris?
« Le convoi de véhicules est parti en fin d’après-midi. Transportés à 180 km/h sur l’autoroute, nous avons dû arriver vers 20 h à Paris. Je me suis retrouvé dans une cellule de 5 m² sans fenêtre, avec pour seul mobilier un banc en béton, le tout baigné d’une très faible lumière.»

Les interrogatoires ont-ils débuté tout de suite?

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// «Non, seulement le lendemain matin. J’ai répondu à des questions très précises sur ma vie, mes études, mes parents. Les policiers m’ont ensuite interrogé sur mes opinions, au sujet de Sarkozy, de livres comme L’Insurrection qui vient. Ensuite, j’ai été questionné sur ma participation à la manifestation de Vichy (le 3 novembre en marge d’une réunion européenne sur l’immigration) puis sur les sabotages SNCF. J’ai raconté en détail cette soirée-là, que j’ai passée à Rouen en ville et à une fête avec des amis.»
Avez-vous subi des atteintes physiques durant votre garde à vue?
« Non, il s’agissait plutôt d’intimidation du genre : »On sait que tu mens » ou  »tu ne reverras jamais ton fils ». A partir du jeudi, les policiers ont cessé de m’interroger sur les faits et m’ont questionné sur mes lectures, les gens croisés dans ma vie, les manifestations auxquelles j’ai participé. Ils m’ont sorti ma lampe frontale, l’adresse de mon ancien proprio… le moindre objet insignifiant était sujet à interprétation.»

Avez-vous eu peur?
« Le troisième jour a été très difficile. Je savais qu’ils n’avaient rien contre moi mais les idées s’embrouillaient dans ma tête sous l’effet de la fatigue, du manque de nourriture. La situation était si surréaliste que j’avais l’impression d’être dans les Bronzés à Guantanamo (sic).»

Avez-vous compris le pourquoi de votre arrestation?
« Je pense que l’on a payé notre activité intellectuelle et nos opinions, notre critique de la société de consommation, notre mode de vie basé sur le partage et l’entraide. Pour moi, il s’agissait d’une arrestation politique.»

propos recueillis par Paul Mouchel
« Etranger aux sabotages »
Pour Mathieu B., qui se dit « étranger aux sabotages SNCF », cette arrestation était une « opération politique ». « Vivre en communauté (NDLR : les Rouennais vivent à huit dans deux maisons), partager plutôt que de vivre chacun dans son coin, faire un pas de côté vis-à-vis de rapports dominants serait potentiellement terroriste ? », s’interroge Mathieu. « Nous avons une autre idée de la politique qui s’applique à notre mode de vie. Alors que tout va mal, on cherche à s’organiser localement en produisant des légumes, partageant le peu qu’on a, joyeusement. » « Notre activisme se concrétise dans l’écriture, l’édition de textes disponibles en librairie, mais aussi dans la participation à des manifestations comme beaucoup d’autres organisations. » Et si les idées de partage et communautaires sont plutôt estampillées de gauche, Mathieu et
ses amis ne se revendiquent d’aucun courant politique. Ils sont d’ailleurs en passe de créer à Rouen une cantine solidaire qui sera également un lieu d’échanges.

Article paru le : 21 novembre 2008


2 Responses to “«Je savais qu’ils n’avaient rien contre moi», interview de Mathieu”


  1. novembre 30, 2008 à 16:58

    JOURNALISTE ! VOS PAPIERS !
    MANIFESTANT ! VOTRE TROU DU CUL SVP !

    « Louis XVI était un homme bon qui aimait son peuple. Il enfermait ses opposants à la Bastille. Il était soucieux de justice. Il embastillait toujours plus de prisonniers. Puis il les oubliait ».
    Michelet (La révolution française, de mémoire)

    Il faut que vous sachiez, vous qui nous lisez à l’étranger grâce à cette merveilleuse toile universelle, que la France est un pays à vocation jacobine terroriste grâce à son Pinocchio Sarkozy Ier et à sa poupée vaudou Rachida Dati. Cet homme, formé à la dure école de premier flic de France, a entrepris de révolutionner les méthodes primaires de fichage de la population qui ne sauraient désormais plus se restreindre aux banales traces d’ADN et au fichage anthropométrique. La préservation de l’ordre en France lors des manifestations de rue criminalise, depuis l’accession au trône de notre monarque Pinochetien et de sa Pompadour, le moindre manifestant syndical ou délinquant de 12 ans, et fait peser sur leur tête la hache de l’accusation virtuelle de terrorisme ou de proxénétisme. On le sait désormais, tout porteur de badge CGT, terroriste potentiel, est prié d’enlever, en fin de manif, ce badge idiot de syndicat complice du gouvernement, puis de défiler entre les camions de CRS pour être pris en photo et filmé jusqu’au trou du cul, ce qui est certainement une innovation pour enrichir le dictionnaire Maîtron de tant d’anonymes et pacifiques manifestants. La police aime être reconnue comme source fiable pour les historiens.

    Après avoir visité les musées d’Abou Ghraib et de Guantanamo, notre Paillasse nationale a également bouleversé les règles en matière de criminalité supposée. Dans le domaine de la contrainte judiciaire, la contrainte médiévale par corps est rétablie du fait du droit ninja, nouvel uniforme de la magistrature avec cagoule découpée dans les anciennes robes (pour réduire la crise du textile) et pataugas rachetés aux surplus US. Notre nouveau Pétain, présent à Douaumont – le maréchal a été restauré comme « héros » de 14-18 dans les écoles par le collabo Darcos – peut, selon son bon plaisir, vous envoyer ces ploucs chez vous à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

    Il est recommandé de ne pas dramatiser à l’excès les exactions et humiliations dont vient d’être victime un journaliste français par ce nouveau droit ninja. Les policiers exécutants anonymes encagoulés comme de vulgaires terroristes sont fidèles à la tradition japonaise qui leur sert de prête-nom : ils font partie de la classe des non-humains et par leur activité criminelle de terreur contre les personnes, leurs méthodes peu orthodoxes et hors l’ancienne loi, ils sont à placer au même rang que les criminels et les vagabonds. Ce sont les meilleurs soutiers du blaireau chef de la canaille étatique. Nouveaux corps francs néo-nazis ils impressionnent jusqu’au moindre brave gardien de la paix, considéré comme un vulgaire chien écrasé lorsque les 4X4 ninjas passent en trombe, mitraillettes à la fenêtre et tête de con au volant.

    Tollé général de l’ensemble de la presse française bien pensante et des partis politiques bien pansus donc. Un journaliste a été humilié devant ses enfants, embarqué manu militari en pleine nuit, et obligé de baisser à deux reprises sa culotte. On n’a pas précisé si Rachida Dati était présente ou pas. Auquel cas il faudra classifier l’exaction policière comme délit anal et perversion libidinale. Pensez ! Ce n’était point un vulgaire écolo de Corrèze, un « irlandais » de Tarnac, un pue la sueur de Renault mais un monsieur bien, ancien directeur à Libération, un bourgeois propre sur lui. Bavure donc, avis au gouvernement de s’excuser !

    Magnifique presse démocratique qui s’émeut pour un bourgeois humilié, que n’a-t-elle pas roulé dans la boue les petits jeunes de Tarnac ? Combien sa prestation fût servile pour trouver mille autres preuves à l’absence de preuves policières et gouvernementales.
    SI LES JEUNES ETUDIANTS DE TARNAC SONT EN TAULE C’EST BIEN GRACE A VOUS JOURNALISTES VEULES ! VOUS N’AVEZ PAS ECRIT UNE SEULE LIGNE POUR DENONCER LES MEMES METHODES D’HUMILIATION DONT JULIEN COUPAT ET SES AMIS ONT ETE VICTIMES. SI VOUS AVIEZ EU DES COUILLES, CES JEUNES SERAIENT DEJA EN LIBERTE AVEC LES EXCUSES DE LA POLICE ET DES LACHES MAGISTRATS. VOUS AURIEZ ETE AVEC LES ACCUSATEURS DE DREYFUS. VOUS AURIEZ ETE DE LA MËME FACON AVEC LES MAGISTRATS PETAINISTES ! NE VENEZ PAS VOUS PLAINDRE !

    La campagne de presse orchestrée par le gouvernement sarkosuiviste a fait un mal considérable à de jeunes innocents. Comme la population française est un concert de veaux, comme disait le camarade De Gaulle à la Libération, la plupart vont croire longtemps encore à la culpabilité des jeunes de Tarnac, grâce à vos lâches écrits de collabos.

    CONSEILS AUX NINJAS LORS DES PROCHAINES ARRESTATIONS :

    Lorsque vous vous livrez aux empreintes anales vérifiez bien l’état du trou :

    – si le trou est bien fermé, petit, délicat comme un trèfle à quatre feuilles, du type des trous du cul de Tarnac, n’hésitez pas à présenter le non-prévenu nu à la magistrate perverse : il contient un fer à cheval anti-caténaire ;
    – si le trou est sale et malodorant, relâchez-le immédiatement, c’est un collègue en civil ;
    – si le trou est à demi ouvert, c’est un cadre supérieur ou un contremaître, relâchez-le aussi immédiatement car il admire la police qui protège sa résidence secondaire ;
    – si le trou est large et profond, malheur à vous, c’est un journaliste, relâchez-le sur le champ (pas dans les champs) avec les excuses du ministre de bretelle.

    CONSEILS AUX MANIFESTANTS EN GARDE A VUE :

    – ne chiez pas 48 heures avant la manif,
    – lorsqu’on visite pour la première fois votre trou du cul : pétez. Vous ne risquez pas l’offense aux forces de l’ordre puisque ce n’est pas une parole vulgaire ;
    – lors de la deuxième visite, dans le bureau de la magistrate (il y a de plus en plus de femmes pour cette sale besogne) ne prononçait aucune phrase : chiez debout. C’est bien connu, les femmes ont un sens olfactif développé, la magistrate va quitter la pièce en vomissant. Elle ne pourra pas vous condamner à deux ans de prison pour offense à magistrat, puisque chier debout caractérise un malaise physique indépendant de la volonté.
    – Achetez un pyjama à rayures car Blaireau Ier va bientôt rouvrir le camp des Mille pour y interner tous les opposants politiques sérieux et les caricaturistes qui se moquent de lui.

  2. novembre 30, 2008 à 17:01

    Pourquoi ne s’expriment t-ils pas, les autres, c’est dommage, ceci prouve en tout cas que ces jeunes sont libres, et bravo.
    Quand on ne sait plus quoi faire ou quoi dire, on amuse la populace, n’oubliez pas que le capitalisme est en crise, et que tout les échapatoires seront utilisés pour discréditer le bon sens.
    Je souhaite à ces jeunes de vite retrouver la liberté, et de continuer à distribuer le pain à des anciens qui en ont gros sur le coeur en ce moment.


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