Posts Tagged ‘altermondialiste

28
Nov
08

Des vidéos supplémentaires…

Publiées il y a quelques temps, on les avait ratées…

On les publie ici, également pour montrer comment la presse a pu instrumentaliser l’arrestation des 9 !

Tout d’abord, une vidéo scandaleuse, amalgamant tous les manifestants des G8 ou autres contre-sommets de Vichy à des terroristes : de telles désinformations devraient pousser certains journalistes à changer de métier.

Une interview du père de Julien Coupat sur France 5, avec un animateur (on ne peut pas appeler ça du journalisme…) très limite…

Extrait de l’émission Arrêt sur Image qui essaie de démêler les pratiques douteuses de certains médias

Le lien vers un radiozapping réalisé par le Monde.fr du 12 novembre : à écouter ici.

Pour rappel, on avait déjà publié :

Interview d’Eric Hazan ;

les J’espère des Guignols ;

des vidéos de France 3 Limousin ; ;

le comité de soutien sur France 2 ; ;

la bataille du rail ; ;

une parodie du Journal de TF1 ; ;

– une chronique de Didier Porte sur France Inter ici et ici ;

15
Nov
08

Les «anarcho-autonomes», le fantasme du réseau et la réalité des écrits

Article Médiapart, par Jade Lindgaard :

– pour les abonnés : http://www.mediapart.fr/journal/france/121108/les-anarcho-autonomes-le-fantasme-du-reseau-et-la-realite-des-ecrits

– pour les non abonnés, l’article ci-dessous :

«Terroriste», «leader d’ultra-gauche», «illuminé»? Parmi les suspects arrêtés et placés en garde à vue, mardi 11 novembre, dans l’enquête sur le sabotage des caténaires de la SNCF, la police détient-elle un chef clandestin de la «mouvance anarcho-autonome»? Mercredi 12 novembre, les enquêteurs se montraient prudents sur les charges éventuelles pesant contre les dix personnes retenues, en l’absence de preuve matérielle les rattachant directement aux actes de malveillance sur les caténaires de lignes ferroviaires.

Mais sans attendre les résultats de l’enquête, les médias ont, dès l’annonce des arrestations par la ministre de l’intérieur, Michel Alliot-Marie, presque tous ouvert le procès de «la mouvance anarcho-autonome». Sous le feu croisé de leurs suspicions, une des personnes placées en garde à vue: Julien, 34 ans, parti vivre en Corrèze après un doctorat à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess). Sous surveillance policière depuis plusieurs mois, il a été aperçu, selon les enquêteurs, en Seine-et-Marne, dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 novembre, aux abords d’une ligne TGV. En compagnie de son amie, il serait descendu de son véhicule et aurait observé les lieux avant de repartir. Suspecté de «terrorisme», sa garde à vue peut durer quatre jours, soit jusqu’au samedi 15 novembre.

Une de Libération, 12 novembre 2008.

«Mouvance anarcho-autonome», «ultra-gauche»: les mots utilisés par la police pour désigner le milieu dans lequel évolue Julien semblent le cantonner à un extrémisme idéologique nihiliste. En réalité, depuis quelques années, il élabore avec d’autres un travail intellectuel et politique qui lui a valu une modeste renommée, assez sulfureuse, dans les cercles intellectuels. Son coup d’éclat est, paradoxalement, parfaitement anonyme: avoir contribué à la rédaction d’un pamphlet néo-situationniste devenu un succès de librairie, L’Insurrection qui vient. Paru en 2007 aux éditions de la Fabrique, ce court livre est signé du nom d’un collectif imaginaire, «Le comité invisible». Ecrit depuis un point de vue de clandestinité, ce texte se présente comme sans auteurs: «Ses rédacteurs n’en sont pas les auteurs. Ils se sont contentés de mettre un peu d’ordre dans les lieux communs de l’époque, dans ce qui se murmure aux tables des bars, derrière la porte close des chambres à coucher.» Il n’a fait l’objet d’aucun contrat avec son éditeur. Aucun droit d’auteur ne doit être versé.

«On ne sait pas qui l’a écrit, ce n’est certainement pas le manifeste de leur groupe», met en garde Stéphane Passadeos, collaborateur d’Eric Hazan, le directeur de la Fabrique, injoignable mercredi matin car en déplacement à l’étranger. A ce jour, selon l’éditeur, l’ouvrage s’est vendu entre 6.000 et 7.000 exemplaires. Plus d’un an après sa sortie, il continue de trouver son public. Il est probable que personne n’en revendiquera la paternité. Son ton péremptoire et donneur de leçon en a énervé plus d’un. Son jusque boutisme a soulevé de vifs oppositions, et jusque dans l’entourage de l’éditeur, certains se sont inquiétés de «l‘irresponsabilité» du texte. Mais son audience, inhabituelle pour ce type d’ouvrage et pour son éditeur, est le signe d’une capacité à saisir une époque.

« Il n’y a pas d’insurrection pacifique »

Récit bien écrit, L’Insurrection qui vient se déroule en deux temps. D’abord, celui d’un constat sans pitié, souvent sarcastique, contre la société de consommation, son aliénation au marketing, sa dépendance aux technologies mais aussi contre le travail et le salariat. Il est particulièrement cruel à l’égard des altermondialistes, des écologistes et de la gauche «bobo» qui prétendent «gérer la sortie du nucléaire, les excédents de CO2 dans l’atmosphère, la fonte des glaces, les épidémies…» mais ne font qu’aider le capitalisme à se maintenir. Ensuite, le temps de la solution: celui de l’appel à l’insurrection, à la dissidence, et à la sortie du système, nourri de références aux assemblées générales révolutionnaires et à la Commune.

Une du Parisien, 12 novembre 2008.

Cette dernière partie prend très clairement le forme d’un mode d’emploi. On y lit notamment, dans le chapitre intitulé «S’organiser» : «Comment rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique? Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran?». Pour quoi s’en prendre aux lignes à grande vitesse? Parce que, selon le livre, «l’infrastructure technique de la métropole est vulnérable: ses flux ne sont pas seulement transports de personnes et de marchandises, informations et énergie circulent à travers des réseaux de fils, de fibres et de canalisations». Stopper le flux, bloquer la circulation : il s’agit de saboter«la machine sociale». Cela ressemble à une forme d’anti technologisme ou de neo-luddisme, du nom du mouvement de ses ouvriers qui cassaient leur machine pour protester contre les emplois et la technique que leur volait le progrès. Les rédacteurs du livre seraient-ils passés à l’acte?

Le livre est habité par la vision d’un soulèvement à la fois destructeur et rédempteur. Mais non sans ambiguïté. «L’insurrection qui vient est en partie métaphorique. Il n’y a pas d’insurrection pacifique, écrit le comité invisible, les armes sont nécessaires: il s’agit de tout faire pour en rendre l’usage superflu. Une insurrection est davantage une prise d’armes, une « permanence armée« , qu’un passage à la lutte armée.» On est loin ici d’un appel littéral à la militarisation des mouvements sociaux. Contrairement à ce que laisse croire la qualification d’«ultra-gauche», les influences théoriques sont diverses, puisant aux sources du marxisme, du situationnisme, du luddisme, de l’anarchisme.

Dissidence, désertion, nouvelles formes de vie: cette utopie de l’exil, Julien l’a mise en pratique en partant s’installer avec des amis dans un village corrézien. Ils y ont fondé une communauté autogérée, autonome, très secrète. Loin des éditeurs parisiens, des institutions savantes et des salles de rédaction. D’autres collectifs, en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, parfois tout autant nourris d’aspirations intellectuelles, parfois mus par un simple désir de se rapprocher de la nature et de vivre de la terre, ont eux aussi fait le choix d’une installation rurale.

Certains sont fils de la bourgeoisie intellectuelle. D’autres non. Leurs trajectoires reflètent des aspirations collectives, minoritaires, mais sources de débats dans des cercles qui dépassent le nombre de ces néo-ruraux, sur la sortie du capitalisme, le rejet du contrôle social, la rupture d’avec la société marchande, les préoccupations écologiques. Beaucoup parmi eux se connaissent, échangent par Internet, partagent des lectures, se retrouvent de manière ponctuelle sur des manifestations ou des actions de désobéissance civile. Ces réseaux informels sont par définition internationaux. Ils ne dessinent pas pour autant un maillage terroriste du territoire.

Que Julien et son groupe soient ou non poursuivis par la justice – mercredi soir, ils n’étaient toujours pas mis en examen par manque de preuve matérielle les liant aux faits –, la tempête médiatique qui a soufflé contre le spectre de l’ «ultra-gauche» témoigne de la fébrilité de l’époque. Elle révèle la difficulté des commentateurs à se défaire de la référence aux années 70 et leur usage non distancié de la notion de terrorisme.

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Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/jade-lindgaard
[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/111108/sabotages-de-lignes-sncf-les-anarcho-autonomes-entre-violences-et-elucubration

15
Nov
08

La bataille du rail !

14
Nov
08

LA CRISE FINANCIÈRE ? C’EST LA FAUTE À L’ULTRA GAUCHE !!!!

Il fallait un ennemi qui fasse l’unanimité. Les Etats-Unis ont Al Qaida, la France aura dorénavant l’Ultra-gauche. Des terroristes indicibles, indétectables, surentrainés, des experts… des anarchistes !

27500 actes de malveillances en 2007 contre les biens et les installations de la SNCF. Mais ceux-là sont très particuliers, ils ont été réalisés par des experts. Des gens qui possédaient des manuels pour résister aux interrogatoires de la police, des gens qui se réunissaient en secret pour refaire le monde, qui lisaient des livres sur l’anarchisme et, comble de l’extrémisme… ils possédaient des ordinateurs ! Ils avaient même réussi à se faire apprécier de leur village. C’est dire…

Des spécialistes surarmés

Sur TF1, on détaille les techniques des terroristes à grand renfort de détails. Au péril de leurs vies, ils se hissent sur les caténaires à 7 mètres de hauteur sur un câble de 25000 volts, et y posent un crochet qui, au passage du TGV, arrachait tout sur son passage. Curieusement, la plupart des incidents sont décrits comme ayant été provoqués par des blocs de béton déposés sur la voie, mais l’enquête journalistique suit son cours. Sur France 2, on évoque un attirail impressionnant, découvert lors des perquisitions : des livres, des barres métalliques, des cagoules, des fumigènes, des gilets pare-balles, ou encore… des tiges de fer. Armés jusqu’aux dents !

Une nébuleuse internationale

Autre détail croustillant, sur France 3 : ils ont protesté contre le CPE ! Et les images violentes défilent à l’écran. Ils ont manifesté en Allemagne ! Et les images violentes défilent à l’écran. Ils ont défilé aux Etats-Unis devant une caserne militaire ! Et les images violentes défilent à l’écran. D’ailleurs, cette caserne a été la cible d’un attentat un mois après, bizarre… Autre détail très important, l’opération de sabotage a été saluée par un groupe libertaire est-allemand. La preuve !

… surveillée par la police et le FBI

On en appelle aussi à l’expertise des techniciens de la SNCF. Aucun doute, il s’agit de sabotage, si quelqu’un en doutait encore. On en appelle aussi à l’expertise des experts, aucun doute, l’ultra-gauche est dangereuse, car indépendante et hors de contrôle : anarcho-autonomes, selon le ministère de la Justice. D’ailleurs, de nombreux rapports des RG le soulignent : les gens dangereux sont dangereux. La presse se risque même à reproduire les propos d’Alain Bauer, spécialiste parmi les spécialistes, sarkozyste parmi les sarkozystes, qui ose un rapprochement avec le groupe terroriste “Action Directe”. Sur France 3, Michèle Alliot-Marie déclare que ces gens étaient sous surveillance depuis longtemps, qu’ils ont été vus à proximité de voies TGV, que des rapprochements ont été faits, qu’ils étaient aussi sous surveillance du FBI, etc. La police et le FBI les auraient donc laissé faire ? “Il s’agissait donc bien d’actes de terrorisme” conclut le journaliste. CQFD.

Jugement sans appel d’une habitante de Tarnac : “On n’imaginait pas qu’ils étaient à la limite du terrorisme. Vous savez, les RG, en général, ils ne font pas de descente pour rien“… Tout est dit. Mais à chaque fois, après ce déferlement de témoignages à charge, un journaliste conclut le reportage, devant un bâtiment officiel orné de drapeaux tricolores, par une résurgence d’esprit journalistique : “on ne sait pas grand chose, il n’y a pas de preuve”. Ce qui a été confirmé par plusieurs sources judiciaires. Aucune preuve. Rien… au moment où l’on vous parle.

Une enquête ? Quelle enquête ?

Pire, même. Selon une information Europe 1, les dix gardés à vue n’ont pas été interpellés dans le cadre de l’enquête sur les sabotages de la SNCF, mais dans celui d’une enquête préliminaire ouverte le 16 avril par le parquet anti-terroriste. Cette enquête vise aujourd’hui à établir leur rôle dans des violences qui ont eu lieu lors de manifestations à Vichy début novembre et à Thessalonique début septembre. SNCF : “donner au train des idées d’avance“, dit le slogan, et aux journalistes, aussi…

Et si on trouvait des traces d’un compte bancaire, on pourrait aussi les accuser d’avoir fomenté la crise financière ? Les journalistes veillent au grain…

http://www.lesmotsontunsens.com/ultra-gauche-enquete-police-relaxe-innoce

14
Nov
08

à voir absolument !

Prise sur www.burlador.net, cette vidéo est une parodie du journal de TF1 ! Excellente !