Posts Tagged ‘taïga

01
Jan
09

L’affaire de Tarnac :un ordre psychotique

Parue ici.

Réflexion sur le fonctionnement de l’accusation de terrorisme.

Le 11 novembre 2008, dans le cadre de l’opération « Taïga », cent cinquante policiers encerclaient le petit village de Tarnac, en Corrèze. Simultanément, des perquisitions étaient menées à Rouen, Paris, Limoges et Metz. L’interpellation de dix jeunes gens était avant tout un spectacle destiné à créer l’effroi.

Leur arrestation serait en rapport avec des actes de sabotage de lignes de la SNCF, qui ont causé, le 8 novembre, le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Les actes malveillants – l’arrachage de plusieurs caténaires – ont été qualifiés de « terroristes » alors qu’ils n’ont, à aucun moment, menacé la vie humaine. L’accusation, qui dit disposer de nombreux indices, reconnaît n’avoir aucun élément matériel de preuve.

C’est le profil des jeunes interpellés qui justifie leur mise en examen. Ils ont été arrêtés parce qu’« ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers », et que nombre d’entre eux « participaient de façon régulière à des manifestations politiques », par exemple « aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration ». Quant à leur logement, il est désigné comme « un lieu de rassemblement, d’endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes ».

Bien qu’accusés de constituer le « noyau dur d’une cellule qui avait pour objet la lutte armée », ils seront rapidement libérés, certains sous condition, d’autres assignés à résidence. Seul le « chef » et sa compagne resteront emprisonnés. Ce 26 décembre, la cour d’appel de Paris a, à la requête du parquet, annulé l’ordonnance de mise en liberté de Julien Coupat. La demande de libération de sa compagne avait été préalablement rejetée.

Le discours du pouvoir procède à un double déplacement : de simples actes de sabotage, comme il peut, par exemple, y en avoir dans un mouvement social, sont qualifiés de « terroristes », et ces actes sont nécessairement attribués aux jeunes de Tarnac, bien que la police reconnaisse l’absence de tout élément matériel de preuve. L’image du terrorisme érigée par le pouvoir crée un réel qui se substitue aux faits. Ceux-ci ne sont pas niés, mais toute capacité explicative leur est déniée. Les actes de sabotage ne peuvent être que le fait de personnes désignées comme terroristes. L’acte de nommer, antérieur à toute procédure d’évaluation objective, renverse celle-ci et l’enferme dans une forme vide.

L’absence d’éléments matériels permettant de poursuivre les inculpés n’est pas niée, mais la nécessaire prévalence des faits est renversée au profit de la primauté de l’image construite par le pouvoir. La position de la ministre de l’Intérieur, Mme Alliot-Marie, est particulièrement intéressante : « Ils ont adopté la méthode de la clandestinité. Ils n’utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens, qui pouvaient les prévenir de la présence d’étrangers. » Mais la ministre en convient : « Il n’y a pas de traces d’attentat contre des personnes. »

Ces déclarations résument bien l’affaire. Ce qui fait de ces jeunes gens des terroristes, c’est leur mode de vie, le fait qu’ils tentent d’échapper à la machine économique et qu’ils n’adoptent pas un comportement de soumission « proactive » aux procédures de contrôle. Ne pas avoir de téléphone portable devient un indice établissant des intentions terroristes. Rétablir le lien social est également un comportement incriminé, puisque cette pratique permet de poser un cran d’arrêt au déploiement de la toute-puissance de l’État.

Dans ces déclarations, la référence aux faits, en l’absence de tout indice matériel probant, ne peut être intégrée rationnellement et engendre une phase de délire, une reconstruction du réel avec l’image du terrorisme comme support.

Ce processus est également visible dans les rapports de police, dans lesquels s’opère, au niveau du langage, toute une reconstruction fantasmatique de la réalité. Ainsi, comme indice matériel prouvant la culpabilité des inculpés, la police parle de « documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares ». Un horaire de la SNCF devient ainsi un document particulièrement inquiétant, dont la possession implique nécessairement la participation à des dégradations contre la compagnie de chemins de fer.

La mise en scène de l’arrestation et de l’inculpation des « autonomes de Tarnac » est un phénomène qui révèle une mutation profonde de l’ordre symbolique de la société.

Le pouvoir a la possibilité de créer un nouveau réel, une virtualité qui ne supprime pas mais qui supplante les faits. La faiblesse du mouvement social, la faillite de la fonction symbolique expliquent l’absence de frein opposé à la toute-puissance de l’État qui se montre en tant qu’image englobante, en tant que figure maternelle.

À un ordre social qui se révèle contradictoire se substitue une structure psychotique, un ordre qui supprime tout conflit, toute possibilité de confrontation avec le réel.

Tribune de Jean-Claude Paye pour L’Humanité

24
Nov
08

Comité invisible : l’affaire du sabotage des lignes SNCF

Vu sur la République des Lettres.

Petit conte ordinaire de la paranoïa antiterroriste dans la France éminemment démocratique de Nicolas Sarkozy. Neuf personnes, quatre hommes et cinq femmes âgés de 22 à 34 ans, supposées être les auteurs d’actes de malveillance contre la SNCF, ont été déférées samedi 15 novembre devant les juges d’instruction Thierry Fragnoli et Yves Jannier de la section antiterroriste de Paris. Le Parquet les accuse d’avoir constitué une « association de malfaiteurs » et d’être responsables de « dégradations en réunion », le tout « en relation avec une entreprise terroriste », délit passible de dix ans d’emprisonnement. Quatre d’entre elles ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire mais les cinq autres, considérées par la police comme le noyau dur d’un groupe révolutionnaire dénommé « Cellule invisible » ou « Comité invisible », ont été placées en détention provisoire et mises en examen. Julien Coupat, leader présumé du groupe, est poursuivi à titre de dirigeant d’une « structure à vocation terroriste », crime passible lui de vingt ans de réclusion. L’instruction judiciaire doit déterminer si les jeunes gens sont bien les auteurs des sabotages de cinq caténaires de voies ferroviaires, commis fin octobre et début novembre dans l’Oise, l’Yonne, la Seine-et-Marne et la Moselle. Les dégradations avaient perturbé une partie du trafic SNCF, entraînant des retards dans la circulation de quelques dizaines de TGV.

Après une série de perquisitions qui ont mobilisé pas de moins de 150 policiers dans toute la France, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, se félicite du succès de son opération « Taïga » pilotée par la sous-direction antiterroriste (SDAT). Elle offre en pâture à la presse une dizaine de suspects qu’elle présente comme des « nihilistes » membres d’un réseau de « l’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome ». Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris, lui emboîte le pas, affirmant disposer « d’indices graves et concordants » contre cette « cellule qui avait pour objet la lutte armée ». Ministre et Procureur restent toutefois assez vagues sur les preuves matérielles.

Et pour cause, lors des perquisitions, les policiers n’ont trouvé aucune arme ni aucun élément matériel permettant de confondre les suspects. À leurs domiciles, ils n’ont saisi que du matériel d’escalade, des outils de bricolage, un plan du réseau SNCF, une perruque de fête, un fugimène, quelques banderoles et talkies-walkies et divers documents de littérature anarchiste disponibles dans le commerce. Aucune preuve formelle, pas de témoin, pas de trace ADN, pas d’empreinte digitale sur les lieux des sabotages. En outre les accusés restent muets pendant leur garde à vue prolongée (96 heures en matière d’enquête antiterroriste). Enfin, malgré l’étroite surveillance policière dont était l’objet la fameuse « cellule invisible » — une enquête préliminaire avait déjà été ouverte sur Julien Coupat et sa compagne Yldune en avril dernier dernier, à la suite d’un signalement du FBI aux autorités françaises car ils avaient été repérés lors d’une manifestation anti-militariste à New York — aucune preuve tangible, pas même une écoute téléphonique ne permettent de les impliquer directement.

Qu’à cela ne tienne, d’autres éléments qualifiés de « troublants » sont mis en avant par Jean-Claude Marin: les membres de la dite « cellule invisible » auraient été aperçus début novembre « par des policiers » en Seine-et-Marne, à proximité des lieux où les dégradations ont été commises. Il n’y a donc aucun doute. Quant au repaire des « anarcho-autonomes », la ferme dite du Goutailloux à Tarnac en Corrèze, c’est à coup sûr pour le Procureur de la République « un lieu d’endoctrinement et une base arrière pour des actions violentes contre des personnes ». D’ailleurs, le fait que les suspects restent murés dans le silence pendant les interrogatoires « n’est pas une preuve mais il montre que ce ces gens sont déjà ancrés dans un parcours de marginalisation et de radicalisation violente ».

Le lendemain des mises en examen, Michèle Alliot-Marie en rajoute une couche sur une radio juive sarkozyste, Radio J, afin de justifier les incarcérations et le déploiement des forces antiterroristes. Selon elle, « la justice dispose d’éléments suffisamment convaincants », sans préciser lesquels. Elle « sait » qu’il existe en France d’autres groupes de la mouvance anarcho-autonome, « probablement de l’ordre de 300 personnes », où « il peut y avoir une radicalisation allant jusqu’à des actions violentes ». Pour la ministre de l’Intérieur, ces groupes anarchistes « qui refusent le dialogue démocratique » auraient en outre des « relais à l’étranger », notamment en Allemagne, en Italie, en Belgique en Grèce, au Canada et aux USA. Elle s’inquiète enfin de la sortie de certains films récents comme ceux sur Jacques Mesrine ou la Bande à Baader, craignant leur effet sur les « esprits fragiles ».

Bref, ces monstrueux « nihilistes clandestins potentiellement très violents » (pour employer cette fois la terminologie du Figaro et de France 2, entre autres) sont coupables, même sans preuves. Identifiés par leur « philosophie d’insurrection contre les institutions », ils sont, c’est clair, membres d’une « entreprise terroriste » aux ramifications internationales dont le but est de « troubler l’ordre politique, économique et social et d’atteindre l’appareil d’Etat par la violence ». Là encore, on a des preuves, et quelles preuves ! Tous les suspects arrêtés ont au moins bac + 5 et un casier judiciaire vierge.
Mieux, Julien Coupat, 34 ans, diplômé de l’École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales (Essec) et doctorant en histoire et civilisation à l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales (EHSS) jusqu’en 1999, a écrit un livre. Il est l’auteur avec Benjamin Rosoux d’un essai néo-situationniste intitulé L’Insurrection qui vient, publié en 2007 sous le nom de « Comité invisible » à La Fabrique éditions. Le livre s’est vendu à ce jour à quelque 7.000 exemplaires, mais il est également téléchargeable gratuitement sur internet. Pour les autorités judiciaires comme pour les principaux grands médias cet ouvrage est un dangereux manuel pratique de terrorisme. Il appellerait à la lutte armée, préconiserait les actions de sabotage et donnerait des consignes militantes à tenir face aux forces de police. Pourtant, pour qui sait lire et dispose de trois notions d’histoire littéraire, L’insurrection qui vient est un texte plus métaphorique et littéraire que théorique.

Construit comme L’Enfer de Dante en sept cercles ou « impasses » (Le soi, les rapports sociaux, le travail, l’économie, l’urbain, l’environnement et la civilisation), il explique que « sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue, ce n’est pas la moindre de ses vertus« ; « Ce n’est pas l’économie qui est en crise, c’est l’économie qui est la crise« ; « Le désert ne peut plus croître: il est partout, mais il peut encore s’approfondir« . Quelques petites phrases ont surtout retenu l’attention des fins lettrés de la brigade antiterroriste: « Saboter avec quelque conséquence la machine sociale implique aujourd’hui de reconquérir et réinventer les moyens d’interrompre ses réseaux. Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran ? A chaque réseau ses points faibles, ses nœuds qu’il faut défaire pour que la circulation s’arrête, pour que la toile implose » suivies d’un « Il n’est pas question d’occuper, mais d’être le territoire« . Sur la question de la violence et de la lutte armée, ils ont également pu lire ceci: « Il n’y a pas d’insurrection pacifique. Les armes sont nécessaires: il s’agit de tout faire pour en rendre l’usage superflu« , et en conclusion: « Rien ne paraît moins probable qu’une insurrection, mais rien n’est plus nécessaire« . L’ambiguïté et le polysémantisme poétique, mais c’est bien sûr, voilà une preuve flagrante. Julien Coupat co-animait également une revue de métaphysique critique, Tiqqun, Organe conscient du Parti Imaginaire (autodissoute en 2001), inspirée par le Situationnisme et les travaux de Gilleles Manifeste du Surréalismes Deleuze, Giorgio Agamben et Toni Negri, où l’on peut découvrir le même style de textes poétiques ironiques entre deux utopiques Théorie du Bloom et Théorie de la jeune fille. Toutes ces publications se trouvent facilement en librairie ou sur internet aux côtés d’autres livres de même nature: les Manifeste du Surréalisme d’André Breton, La Société du Spectacle de Guy Debord, La Critique sociale d’Auguste Blanqui, La Vie Innommable de Michel Bounan, Du progrès dans la domestication de René Riesel, La haine de la démocratie de Jacques Rancière, L’abîme se repeuple de Jaime Semprun, le TAZ d’Hakim Bey, Le Sabotage d’Émile Pouget, La vie sur terre de Baudoin de Bodinat, la Critique de la violence de Walter Benjamin, le Précis de décomposition d’Emil Cioran ou encore Le Gai Savoir de Nietzsche, preuve définitive s’il en est de l’existence d’un vaste réseau d’anarcho-autonomes en train de s’attaquer à l’Etat français. Reste à espérer que les magistrats qui jugeront Julien Coupat et ses amis ne s’exposeront pas au ridicule d’une lecture au premier degré d’un texte poétique, ce qui n’est pas gagné d’avance étant donné le niveau de haute culture du régime sarkozyste.

Pendant ce temps, il est inutile de préciser que, des journaux dits « de référence » aux chaines et radios publiques ou privées, l’affaire des « anarcho-autonomes » tourne en boucle, générant les pires délires sur la présence de « l’ultra-gauche », ce nouvel ennemi intérieur qui réunirait les enfants d’Action Directe, des Brigades rouges, d’Al-Quaïda, de l’ETA et de la Fraction Armée Rouge réunis. Spécialistes es Anarchie et Terrorisme occupent les plateaux entre deux flashs d’info TGV pour expliquer que la France risque bientôt de sombrer sous l’action violente des terroristes de « l’ultra-gauche ».

Au vu des premiers éléments du dossier, les avocats des inculpés ramènent bientôt l’affaire de la « Cellule invisible » à ce qu’elle est réellement, à savoir plutôt une affaire politico-judiciaire pour délit d’opinion. Me Dominique Vallès, avocate de deux accusés estime qu’il y a « une disproportion totale entre la qualification d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et ce qu’on peut réellement leur reprocher« , ajoutant qu’il est « choquant de stigmatiser à ce point à partir de données floues ». Pour Me Cédric Alépée, avocat d’un autre accusé, « il n’y a strictement aucune charge » pouvant être reprochée à son client concernant des activités terroristes. « On a ratissé large, on a interpellé des gens sans prendre le temps de vérifier, de faire les investigations complémentaires pour être sûr qu’on avait des choses à leur reprocher », déclare-t-il. Me Steeve Montagne a lui aussi de son côté « le sentiment d’une instrumentalisation par le pouvoir de l’appareil judiciaire aux fins de restreindre la liberté d’opinion« . Pour Me Irène Terrel, avocate de Julien Coupat, c’est également une « affaire aux dimensions totalement démesurées » […] « Il n’y a aucune proportionnalité entre les faits reprochés qui ne sont en rien établis et qui, quand bien même ne seraient que des dégradations qui n’ont même pas mis en danger de vies, et une procédure terroriste », estime-t-elle. De fait, il semble bien que les faits reprochés au groupe « anarcho-autonome » de Julien Coupat sont montés en épingle par le régime et que ce dont on l’accuse réellement via des lois antiterroristes scélérates, c’est surtout de réunir des militants libertaires intelligents participant activement à la contestation du capitalisme et du contrôle social par des écrits, des pratiques de vie alternatives et d’improbables actions poétiques de désobéissance civile comme celles de ralentir les TGV (ceci avec suffisamment de précautions pour ne pas causer de victimes).

Pour Eric Hazan, éditeur de L’Insurrection qui vient et auteur notamment de Changement de propriétaire, la guerre civile continue, interrogé sur le site Médiapart, l’opération « Taïga » de Michèle Alliot-Marie est l’illustration d’un « antiterrorisme comme moyen de gouvernement » qui menace sérieusement la démocratie et les libertés fondamentales en France. Selon lui, l’Etat doit aujourd’hui « justifier l’empilement de lois antiterroristes qui n’ont plus rien à voir avec le droit » et « tous les moyens sont bons pour construire l’ennemi intérieur ». Du côté de la ferme de Tarnac où vivait en communauté une partie des membres du groupe, les villageois ont pour leur part créé un un comité de soutien. Les inculpés étaient en effet parfaitement intégrés. Ils vivaient de façon ouverte, entretenaient d’excellentes relations avec le tout le monde et avaient même relancé l’exploitation de l’épicerie du village qu’ils ont transformé en bar magasin restaurant ouvrier, station-service et salle de spectacles fonctionnant sur un mode autogeré par plus de 150 habitants du village. Pour ceux-ci, « la façon dont on les présente est différente de la réalité partagée ici » et l’opération de police est « une rafle » doublée d’une cabale médiatique qui tombe bien pour Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie. « Avec les actes de malveillance qui se passent sur le réseau SNCF [27.500 en 2007, ndlr], ça tombe à pic d’aller à Tarnac et de rafler quelques gauchistes. Souvenez-vous de l’affaire des Irlandais de Vincennes, cela tombait à pic aussi ! » explique l’un deux. Un train peut en cacher un autre.

Copyright © Noël Blandin / La République des Lettres, dimanche 16 novembre 2008