Posts Tagged ‘terroriste

06
Déc
09

« Fallait pas nous mettre dans la même prison ! »

Villiers-le-Bel, Tarnac… « Fallait pas nous mettre dans la même prison ! », par Maka Kanté et Benjamin Rosoux
LE MONDE | 23.11.09 | 13h46  •  Mis à jour le 23.11.09 | 13h46

Je suis Maka, j’ai 22 ans, je suis en détention préventive depuis le 23 février 2008. Je suis mis en examen pour « tentative d’homicide volontaire sur agents des forces de l’ordre » depuis le grand baroud policier qui avait suivi les émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel. Des centaines de jeunes ont affronté la police suite à la mort de deux adolescents, dans une collision avec un véhicule de police.

Je suis Benjamin, j’ai 31 ans, je suis sous contrôle judiciaire, mis en examen pour participation à « une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste » suite aux opérations de police menées sur tout le territoire, notamment à Tarnac, en réaction aux sabotages simultanés de l’alimentation électrique de plusieurs voies TGV en novembre 2008.

Un Blanc. Un Noir. Cité du Val-d’Oise. Petit village de Corrèze. Parents immigrés africains de première génération. Classe moyenne de province. Diplôme universitaire. Déscolarisation précoce. Nos histoires se croisent au hasard d’une désertion des voies tracées pour nous dans le grand cirque de la reproduction sociale.

Désertion des « possibilités » d’un plan de carrière universitaire et professionnel tout tracé. Désertion de la perspective de rejoindre la France qui se lève vraiment tôt, celle qu’on croise à 5 heures du soir dans le RER, celle qui nettoie la scène où la France qui compte se produira au grand jour.

Désertion en tout cas de cette France qui expulse, qui parque, qui discrimine, qui classe, ordonne, juge et enferme toujours selon la classe, la race, le « patrimoine ». Nous nous sommes trouvés dans une petite cour de promenade humide et glauque de la prison de Fresnes, de sinistre réputation. A l’ombre des barbelés, les pieds dans l’urine des rats. Un an déjà s’est passé depuis notre rencontre et le système judiciaire n’a pas manqué de manifester sa véritable nature : un système qui fixe au jour le jour les critères de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas au bénéfice, le plus souvent, des classes dominantes de cette société. Face à ce système, et pris dans le viseur d’un gouvernement qui ne cesse de mettre la vieille tradition réactionnaire française au goût du jour, nous endossons chacun la défroque d’une figure de l’ennemi intérieur nouvelle vague.

On comprend bien l’acharnement que met ce gouvernement – appuyé en cela par la plupart des médias – à faire de nous, chacun à sa façon, les plus terribles portraits, « barbares », « inconscients », « ultra-violents », « anarcho-autonomes », « racailles » et toutes sortes d’autres outrances langagières. On sent aussi à quel point ce que l’on conjure à tant nous calomnier c’est la crainte que ces figures soient finalement plus désirables que les figures officielles de la réussite et de l’intégration.

Et elles le sont sans aucun doute… Le jeune diplômé qui crache dans la soupe de l’Occident triomphant et ne compte pas en rester là ; le jeune fils d’immigré qui refuse de rempiler dans les fonctions de larbin qu’on a toujours massivement réservées à ceux de sa couleur.

Notez que, même aux rangs des ennemis intérieurs désignés, la couleur de peau et l’extraction font encore une terrible différence. La « société civile », les médias s’émeuvent beaucoup moins du sort de quelques jeunes « indigènes » aux prises avec une police galvanisée que lorsqu’il s’agit de rejetons de la classe moyenne blanche – socle politique de ce pays. Et les magistrats ont toujours la main plus lourde.

Nous nous sommes retrouvés là, l’un et l’autre, sur foi de réquisitoires aussi peu fondés l’un que l’autre, où le bon vieux « témoignage anonyme », pour ne pas dire « délation crapuleuse », dispense opportunément de la « charge de la preuve »… Pris dans de véritables affaires d’Etat où les enjeux politiques dépassent largement le sort particulier de nos petites personnes, voire s’en balancent, au profit d’enjeux électoraux, de compétition des services de renseignement et de police, de politiques de communication policières et ministérielles.

Nicolas Sarkozy avait dit, avant même son élection à la tête de l’Etat, toute sa crainte d’une « jonction » – jamais advenue – entre le mouvement des universités contre le contrat première embauche (CPE) et les différentes vagues de révoltes de la jeunesse de banlieue, ce n’est pas le moindre des paradoxes que ce soit sa politique de répression elle-même qui nous fasse nous rencontrer. Il n’y a jamais eu meilleur catalyseur que l’épreuve d’une hostilité commune pour passer des frontières qui étaient parfois apparues infranchissables. La simple juxtaposition de nos deux histoires éclaire le présent d’une lumière plus crue. Nous pensons que notre rencontre n’est pas qu’une anecdote sympathique. Elle nous a paru à tous deux préfigurer ce qui doit arriver, ce qui, comme peu d’autres choses, indique une sortie du marasme politique du présent.

Si nous prenons la parole aujourd’hui, c’est qu’il est temps d’en finir avec l’habituel fatalisme qui entoure ceux qui sont pris dans les rouages de la justice et qui n’ont d’autre horizon que le broyage pénitentiaire. Nous ne sommes pas des épouvantails, nous sommes doués de parole et de pensée et nous comptons bien en faire usage envers et contre tout étouffement.

Fin octobre a été prononcé un non-lieu pour les policiers qui étaient à bord du véhicule qui a provoqué la mort de Larami et Moushin. Il n’y aura pas de procès. Dans le même temps, on annonce le renvoi aux assises des quatre personnes soupçonnées, sans preuves, d’avoir participé aux tirs contre les forces de police pendant les émeutes. Tout semble annoncer un procès expiatoire.

Il s’agira de faire un exemple pour toute la jeunesse révoltée de ce pays : « N’espérez même pas pouvoir vous défendre ! Nous jouissons de l’impunité totale, vous risquez des peines énormes. Vous êtes pieds et poings liés », semblent hurler tous les pouvoirs réunis en une seule et même chorale infernale. Et nous n’avons pas fini de l’entendre : le 27 octobre avait lieu à Clichy-sous-Bois une commémoration de la mort de Zyed et Bouna dans un transformateur électrique lors d’une course-poursuite avec la police en 2005 ; ce même jour les policiers ont déposé une plainte contre Muhittin, seul survivant du trio d’adolescents, aujourd’hui majeur, pour « non-assistance à personne en danger ».

Je suis Benjamin, je suis resté à peine trois semaines en détention. Comme mes co-mis en examen je suis depuis onze mois sous contrôle judiciaire strict avec l’interdiction de rentrer chez moi. Je cherche à faire que ce temps volé par l’appareil judiciaire ne soit pas un temps mort.

Je suis Maka, comme mes co-mis en examen je suis depuis vingt mois en détention « préventive », et placé à l’isolement. Je lis, j’écris, j’aiguise ma compréhension de ce monde et de la place qui nous y a été dévolue ; je fais ma révolution dans 9 mètres carrés.

Nous ne sommes que deux exemples parmi tant d’autres que nous ne pouvons tous citer ici. L’année 2010 devrait voir de nouveaux rebondissements dans nos deux « affaires ». Elles sont toutes deux emblématiques de la guerre totale que mène ce gouvernement contre tout ce qui ne se soumet pas à son idéal glacé et policé. Nous pensons que ces victoires ne leur sont pas assurées.

Nous savons que nous sommes toujours plus nombreux, de tous horizons, déterminés à ne pas les laisser marcher sur nos têtes. Il faut que ces « épisodes » judiciaires soient aussi pour chacun l’occasion d’une prise de parti dans l’époque. Rester silencieux en de telles circonstances revient à tenir le manche de la pelle qui s’évertue à vouloir nous enterrer vivants.


Maka Kanté a été mis en examen et incarcéré pour les émeutes de Villiers-le-Bel ;

Benjamin Rosoux a été mis en examen dans l' »affaire de Tarnac ».

26
Mar
09

Pseudos rebondissements dans l’affaire dite de Tarnac

publié ici. Reproduit ci-dessous.

La journée d’hier a été l’occasion de pseudos rebondissements dans l’affaire dite de Tarnac.

Dans un premier temps, un article du journal Le Monde revient à nouveau sur l’enquête judiciaire : une journaliste ayant visiblement eu accès à l’intégralité du dossier d’instruction. Décrivant sur toute une page ce qu’elle y a découvert, elle en arrive à cette conclusion (la même que tous ceux qui ont pu accéder à ces informations) : la justice ne dispose d’aucun élément matériel permettant d’étayer l’accusation « d’association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste ». L’article détaille par ailleurs les mesures toujours plus délirantes qui furent mises en oeuvre pour surveiller Julien pendant plusieurs mois : écoutes, caméras dans les arbres, intervention des services financiers, courrier ouvert, filatures, enquêtes de voisinage, etc.

Quelques heures après la sortie de cet article, l’accusation s’est fendue d’une brève contre-attaque. « Non non le dossier n’est pas vide » : la police prétend avoir « découvert » plusieurs documents informatiques permettant de légitimer l’accusation de terrorisme : des textes évoquant l’ouvrage « l’Insurrection qui vient », une quittance EDF (« qui aurait pu servir à d’éventuelles falsification »), et un « manuel » de 60 pages (!) expliquant la fabrication de bombes artisanales. La police et le parquet sont visiblement à la peine pour tenter de relancer l’intérêt pour cette affaire. Personne ne croira sérieusement à la « découverte », sur des ordinateurs saisis il y a 4 mois déjà, de « nouveaux » documents accablants. Il ne faut pas plus de quelques heures pour faire le tour d’un disque dur. Une partie du matériel informatique a d’ailleurs été inspectée durant les gardes à vues. Ces documents sont-ils si crédibles qu’il n’a même pas été nécessaire de les évoquer plus tôt dans l’enquête ? Où découlent-ils de pures falsifications ? Ces basses manoeuvres sont celles d’une accusation visiblement en perte d’arguments.

Malgré la grossièreté de telles opérations, il n’en a pas fallu beaucoup plus à certains médias pour relayer cette information « croustillante », participant (encore une fois) pleinement à cette nouvelle opération de propagande (qui vise à faire oublier la faiblesse du dossier d’instruction). La police se délecte : elle a non seulement réussi à réactiver l’imaginaire terroriste (grâce au simple mot « bombe »), mais elle prétend à partir de ces « nouveaux éléments » pouvoir user de cette spécificité française qu’est l’accusation d’ »association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste » – qui permet des condamnations préventives sur des présomptions d’intention, même quand aucun acte ne peut être imputé aux inculpés. Gageons que ces pseudo révélations feront long feu, comme nombre d’éléments dans cette affaire qui, avant d’être totalement décridiblisés, furent brandis victorieusement par les fins limiers de la SDAT. Il serait d’ailleurs temps que l’accusation cesse de se ridiculiser jour après jour.

Rappelons enfin que cette offensive intervient alors que les inculpés ont publié il y a peu une lettre ouverte à leurs juges, et tandis que le pouvoir accentue les opérations répressives dans la crainte de troubles sociaux (poursuites judiciaires à la suite de la manif du 19 mars, lois anti-bandes, réincarcération de Farid, sommet de l’OTAN).

22
Mar
09

De Villiers-le-Bel à Tarnac nouvelles d’un front… par Benjamin épicier-terroriste

Publié ici : http://www.mediapart.fr/node/36417

Souvenez-vous Villiers-le-Bel, la mort des deux adolescents fauchés par une voiture de police, deux jours d’émeutes d’une rare intensité et le déploiement d’une véritable force militaire et de toutes les dernières technologies de la contre insurrection (hélicoptères, drones…). C’était fin novembre 2007.

Février 2008, tout le monde s’en souvient, nous sommes bombardés d’images d’une opération massive d’encerclement du quartier et de perquisitions en série menées par un dispositif policier complètement surdimensionné avec journalistes « embarqués ». Arrestations en série, interrogatoires, garde à vues, relaxe pour la plupart, rien, aucun éléments trouvés. Alors on monte encore d’un cran, appels à la délation contre rémunération, et protection spéciale du statut de « témoin sous x ». Nouvelles arrestations, cinq personnes sont mises en examen, sur cette seule base, la délation rémunérée.

Qu’en est il aujourd’hui, qui se préoccupe de leur sort sinon leurs amis et les habitants du quartier?

Ils ont tous fait un an de  »prison préventive », ponctué d’auditions d’un juge d’instruction, mais rien, de l’avis de tous et principalement de la défense, le dossier est entièrement vide. Mais quand il faut des coupables, surtout quand en partie civile on a une soixantaine d’agents des forces de l’ordre, mises à mal, ces forces là, sur le terrain autant que dans le procès pour la mort des jeunes qui piétinne toujours, on ne s’attarde pas sur ce genre de détails.

Fin février de cette année, comme c’est prévu par la loi qui régit la détention préventive, ces cinq personnes ont été représentées devant un juge des libertés pour juger de l’éventualité de leur mise en liberté ou de la prolongation de la détention. Par ce qui semble être un pur hasard ou un dérapage conscient du juge, la première des personnes présentées est libérée… puis par un étrange phénomène qu’on pourra supposer « de couloir », les quatre autres qui ne présentaient rien de plus « à charge » dans leur dossier, voient leur mandat de dépôt prolongé pour six nouveaux mois. Sans perspective de procès. En silence. Personne n’en parle, jamais.

Alors on pourra comprendre que certains s’étonnent de la pourtant déjà minime agitation autour du maintien en détention de Julien Coupat.Qui est finalement loin d’être une exception, un cas isolé…

Il faudrait pouvoir ne pas toujours prendre les choses par le petit bout de la lorgnette, ne pas « réagir » à chaque fois comme si c’était la première fois, ne pas faire mine de découvrir toujours, les rouages de la raison d’état, les comportements politiques dictés par la rente électorale, le journalisme toujours plus ramené à un simple rôle d’échos des dépêches du parti de l’ordre, pas tant du fait d’une quelconque tutelle officieuse sinon du fait d’une incompétence chronique, d’un défaut de sens historique, d’une amnésie crasse, d’un manque d’exigence patent. Les exceptions à cette règle sont beaucoup trop rares pour prétendre sauver la profession, désolé pour eux.

A leur décharge toutefois, c’est vrai qu’on imagine mal comment il pourraient porter à eux seuls la tâche qui devrait revenir à chacun. Nous sommes jusqu’au cou dans une époque ou dire et « parler de » ne suffit plus depuis longtemps, et contribue même peut-être à renforcer le sentiment d’impuissance généralisé. Alors comment faire?

Comment ne plus juste « parler de », mais répondre, pied à pied, chacun à sa manière, à la guerre qui nous est faite.

13
Déc
08

L’Ultra-gauche est aussi en Aveyron !

Des terroristes aveyronnais s’en prennent à la population locale ! Que font MAM et les directions anti-terroristes ?

10
Déc
08

Ultra-gauche : manipulation de France Inter

Lors de sa diffusion sur FRANCE-INTER cette interview à été tronqué à 1min 13sec de cette vidéo. Denis Astagneau a effectué une coupe, au bon moment… permettant de livrer un « scoop » à l’auditeur : le reportage a été coupé pour lui faire dire à peu près le contraire de ce qu’il disait.

06
Déc
08

Le Monde : « Un désaveu assez radical »

« Un désaveu assez radical »
LE MONDE | 03.12.08 | 14h46

ls faisaient partie du « noyau dur » d’un groupe soupçonné de terrorisme : trois ont été remis en liberté, le temps de l’instruction. Gabrielle H., Manon G. et Benjamin R. sont sortis de prison, mardi 2 décembre dans la soirée, sur décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, rejoignant ainsi quatre autres jeunes, également mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et placés sous contrôle judiciaire. Sur les neuf personnes interpellées le 11 novembre à Tarnac (Corrèze) et Paris, il n’en reste que deux en détention provisoire : Julien Coupat, 34 ans, présenté par la police comme le chef du groupe, et son amie Yldune, 25 ans. Tous deux, comme Gabrielle H., sont soupçonnés d’avoir commis des dégradations sur les voies ferroviaires.

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« C’est un premier pas fondamental, et surtout un désaveu assez radical de la manière dont cette affaire a été présentée politiquement et médiatiquement », s’est félicitée Irène Terrel, l’avocate de quatre des cinq personnes jusqu’ici incarcérées. Les trois jeunes qui ont recouvré la liberté ont rejoint leur famille avec l’interdiction de se voir, et aucun d’entre eux ne devrait, du moins dans l’immédiat, retourner à Tarnac, où s’est formé un comité de soutien.

Mardi, un membre d’un autre comité de soutien, en Belgique cette fois, a révélé avoir été interpellé le 27 novembre. Adrien X. affirme avoir été arrêté à Bruxelles alors qu’il circulait à bord d’un véhicule français qui lui avait été prêté par « une amie de sa cousine ». Faisant l’objet d’un signalement européen, la voiture a été confisquée. La police y aurait trouvé des documents relatifs à l’affaire de Tarnac. Le domicile d’Adrien X., libéré sans explications, après une douzaine d’heures, celui de son amie et celui de son employeur, un libraire, ont été perquisitionnés par la police antiterroriste en l’absence des intéressés. Le comité belge dénonce un « amalgame entre contestation politique et terrorisme ».

Isabelle Mandraud et Jean-Pierre Stroobants (à Bruxelles)
Article paru dans l’édition du 04.12.08
29
Nov
08

Des manifestants expulsés du palais de justice de Paris

Les manifestants ont été expulsés du Palais de justice par les gendarmes alors qu’ils exprimaient leur soutien aux demandes de remise en liberté des 5 prévenus encore détenus. C’était ce vendredi 28 novembre au soir.

L’article du site nouvelsobs.com propose une vidéo de cete expulsion musclée ici. Des manifestants ont été détenus jusqu’à ce matin, mais à notre connaissance, ils ont tous été libérés, sans poursuite.

Renforçons notre soutien !

28
Nov
08

Des vidéos supplémentaires…

Publiées il y a quelques temps, on les avait ratées…

On les publie ici, également pour montrer comment la presse a pu instrumentaliser l’arrestation des 9 !

Tout d’abord, une vidéo scandaleuse, amalgamant tous les manifestants des G8 ou autres contre-sommets de Vichy à des terroristes : de telles désinformations devraient pousser certains journalistes à changer de métier.

Une interview du père de Julien Coupat sur France 5, avec un animateur (on ne peut pas appeler ça du journalisme…) très limite…

Extrait de l’émission Arrêt sur Image qui essaie de démêler les pratiques douteuses de certains médias

Le lien vers un radiozapping réalisé par le Monde.fr du 12 novembre : à écouter ici.

Pour rappel, on avait déjà publié :

Interview d’Eric Hazan ;

les J’espère des Guignols ;

des vidéos de France 3 Limousin ; ;

le comité de soutien sur France 2 ; ;

la bataille du rail ; ;

une parodie du Journal de TF1 ; ;

– une chronique de Didier Porte sur France Inter ici et ici ;

26
Nov
08

Fabrication d’épouvantails, mode d’emploi, Par DANIEL SCHNEIDERMANN

http://www.liberation.fr/medias/0101266655-fabrication-d-epouvantails-mode-d-emploi

Par DANIEL SCHNEIDERMANN, le 17 novembre 2008

Stupeur et consternation ! Les terroristes «d’ultragauche» accusés par la ministre de l’Intérieur d’avoir saboté des caténaires de TGV, vivaient paisiblement à Tarnac, petit village de Corrèze. Ils y tenaient même l’épicerie-bar. Les habitants du village expriment tout le bien qu’ils pensaient de leurs commerçants uniques. Qu’à cela ne tienne. Les journaux télévisés unanimes brodent sur la clandestinité du groupe, «qui avait balancé ordinateurs et téléphones portables». Une épicerie, peut-être, mais «une épicerie tapie dans l’ombre», précisa fort sérieusement un journaliste de France 2.

Le journalisme policier est un art difficile. Il ne s’agit pas seulement de recueillir les confidences des enquêteurs, et de tenter tant bien que mal de séparer infos et intox. Il faut encore leur donner la forme d’un roman conforme à ce qu’attendent, selon les cas, les lecteurs, la hiérarchie du journal, ou le ministère. D’où la fabrication ultrarapide «d’épicerie tapie dans l’ombre», d’un «commando» composé d’un «cerveau» et de «lieutenants» réfugiés dans un «QG» ou de «nihilistes potentiellement très violents».

Fabrication, ou résurrection ? Aux plus âgés d’entre nous (disons, les quadragénaires bien avancés) les journaux télévisés de la semaine dernière auront au moins rappelé leur jeunesse. Aux «prêcheurs barbus des caves», aux «gangs ethniques des banlieues», a en effet succédé une autre catégorie de «méchants», bien oubliée, «la mouvance anarcho-autonome». Et resurgissent pêle-mêle les fantômes des glorieux prédécesseurs de MAM, Michel Poniatowski (ministre de Giscard), ou même Raymond Marcellin, titulaire du poste sous Pompidou.

Dans ce concours de fabrication d’épouvantails, notre confrère du Figaro, Christophe Cornevin, se classe hors catégorie. Les ultraépiciers de Tarnac, aux yeux du Figaro, étaient «en totale rupture de ban avec la société», «embarqués dans un mode de vie altermondialiste, vivotant pour certains du négoce de produits agricoles, fuyant le regard des rares riverains qui les entouraient, ces apprentis terroristes de la gauche ultra présentaient un profil bien particulier. Agés de 25 à35 ans pour le plus âgé, ces nihilistes considérés comme «potentiellement très violents» étaient articulés autour d’un petit «noyau dur» d’activistes déjà fichés pour divers actes de violences et de dégradation. A priori, aucun d’entre eux ne travaillait. «Cela ne correspondait pas à leur philosophie», lâche un enquêteur. Les femmes de la bande, quant à elles, sont plus volontiers dépeintes sous les traits de « filles de bonne famille issues de la bourgeoisie de province ». Un profil somme toute guère étonnant au regard de la jeune fille chic en Burberry qui répondait au nom de Joëlle Aubron à l’époque d’Action Directe».

Paresse, lâcheté, violence, trahison de sa classe d’origine : tous ces traits de caractères individuellement, sont inquiétants. Regroupés, ils composent un tableau terrifiant. Le lendemain, le titre d’un article du même journaliste nous apprend que «l’ADN est au cœur de l’enquête». Mais au cœur de l’article… rien sur les preuves ADN.

A croire d’ailleurs que la fabrication d’épouvantails médiatiques est une spécialité en soi. Une recherche au sujet de Christophe Cornevin dans le moteur Google, donne une idée de l’ampleur des compétences du confrère. «Une dizaine de lascars sont affalés sur les bancs de la salle des pas perdus de la 23e chambre correctionnelle, écrit le journaliste. Agés de 17 à 22 ans, ils sont dans leur écrasante majorité originaires d’Afrique noire» (7 septembre 2007, article intitulé «L’essor des gangs africains dominés par le vol et la violence»). «Les barbus s’activent derrière les barreaux», titre leFigaro en septembre. Détails : «Ces religieux clandestins se sont radicalisés en surfant sur Internet, confie un haut responsable de l’AP. Ils distillent des fragments de sourates pouvant faire référence à la violence et reprennent un discours moyenâgeux pour convertir leurs compagnons de cellule.»

Mais lorsque la tendance des épouvantails vire au modèle «trader fou», notre artisan sait aussi se reconvertir, comme dans cette description balzacienne des objets saisis lors d’une perquisition chez l’ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel : «Sur une table placée aux abords de l’impressionnant écran plat qui trône dans la pièce principale, ils ont notamment trouvé deux téléphones portables, un livre de réglementation bancaire, un numéro de la revue Investir intitulé «Comment s’enrichir en 2008», une canette entamée, une boîte de cigares Monte-Cristo et un exemplaire du Coran comprenant une version arabe et sa traduction en français.»

Ça ferait rire, si ça ne faisait pas peur. Ça ferait peur, si ça ne faisait pas rire.

24
Nov
08

Ultra-gauche : pétition initiée par La Fabrique

Ci-dessous le texte de la pétition initiée par Eric Hazan et Les Editions La Fabrique (http://www.lafabrique.fr).
Pour la signer : renvoyer nom et profession à l’adresse suivante : petition.tarnac(at)gmail.com (remplacé at par @).

PÉTITION

Une opération récente

Une opération récente, largement médiatisée, a permis d’arrêter et d’inculper neuf personnes, en mettant en œuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l’inconsistance de l’accusation de sabotage des caténaires, l’affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, « le but de leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’État, et de parvenir par la violence – je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise – à troubler l’ordre politique, économique et social ».

La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n’existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché. L’inculpation pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » est plus que vague : qu’est-ce au juste qu’une association, et comment faut-il entendre ce « en vue de » sinon comme une criminalisation de l’intention ? Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu’il peut s’appliquer à pratiquement n’importe quoi – et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d’exception.

Les personnes inculpées n’ont pas été choisies au hasard, mais parce qu’elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des manifestations – dernièrement, celle de Vichy, où s’est tenu le peu honorable sommet européen sur l’immigration. Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans la région, où un comité de soutien s’est organisé dès leur arrestation. Ce qu’ils cherchaient, ce n’est ni l’anonymat, ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole. Finalement, l’absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.

En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu’à quel point allons-nous accepter que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d’expression ? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont elles compatibles à long terme avec la démocratie ? Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c’est à nous de la donner, et d’abord en demandant l’arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l’exemple.

22
Nov
08

Les J’ESPERE des Guignols !

Un extrait des Guignols sur le comportement de la Police dans cette affaire :

19
Nov
08

Extrême gauche : on fabrique un épouvantail médiatique

Tribune publiée sur Rue89 qu’on reprend ici.

Par Quadruppani | nomade italo-bellevilois | 18/11/2008 | 12H31

Ecrivain, traducteur et journaliste, un riverain, « perplexe » quant à la couverture dans les médias de l’arrestation et de la mise en examen des neuf militants autonomes dans l’affaire des caténaires SNCF, nous a proposé cette contribution critique. Il revient sur la réplique judiciaire et l’inculpation des protagonistes samedi soir, et sur la diabolisation de l’extrême gauche.

En l’état actuel des informations disponibles, toute personne dotée d’un minimum d’esprit critique a la possibilité de faire quelques observations minimales à propos des interpellations à Tarnac et autres lieux. Ces observations sont simples, vite dites. Mais elles sont accablantes pour le tohu-bohu médiatique orchestré par la ministre de la police et pour ceux qui s’y sont joints.

Le retour de l’épouvantail… sur le mode de la farce

Première observation: à l’heure actuelle, le dossier de l’accusation contre les personnes interpellées ne tient pas debout. Pas l’ombre d’un aveu ou d’une preuve matérielle. Juste des rapports de police sur des comportements jugés suspects. Qu’un représentant du parquet présente comme une organisation « terroriste » le « Comité invisible », pseudonyme de l’auteur collectif (ou pas) d’un livre publié depuis un an et demi chez un excellent éditeur parisien, donne la mesure du sérieux des accusations.

On a comme l’impression de revoir, sur le mode de la farce, les constructions abracadabrantes des juges italiens des années 70 contre l’extrême gauche enfermée tout entière dans l’épouvantail terroriste. Et ce n’est pas le surgissement d’un « témoin sous x » qui va nous rassurer: l’usage des repentis racontant ce qu’on veut qu’ils racontent a déshonoré pour toujours une certaine « justice » transalpine.

Sera-ce le dernier moyen tenté par la police et la justice hexagonales pour échapper au ridicule d’une affaire qui pourrait se dégonfler bien vite?

Deuxième observation: assimiler à du terrorisme des actes de sabotage pensés pour éviter tout dégât humain, est une bouffonnerie. Rappelons au passage que le sabotage a, depuis Emile Pouget, une longue tradition dans le mouvement ouvrier.

Et quand, naguère, des ouvriers menaçaient de répandre des produits toxiques dans un canal pour protester contre la fermeture de leur usine, on leur répondait en tendant des micros compassionnels, pas en leur envoyant des superflics cagoulés. Pour ne pas parler des nervis d’un syndicat agricole saccageant le bureau d’une ministre ou des viticulteurs détruisant la cargaison d’un pinardier. Personne à ce propos n’a parlé de terrorisme.

Quand MAM fabrique une « mouvance »…

Troisième observation: la fabrication de la « mouvance anarcho-autonome » par la ministre de la police et par les médias qui ont relayé sa parole sans aucun recul critique n’a été possible que grâce à l’extrême ignorance journalistique sur tout ce qui touche à la critique radicale du capitalisme.

Personne n’est obligé de connaître l’histoire de l’anarchie ni celle de l’autonomie ouvrière. On fera cependant observer que, pour des gens dont le travail est de parler des phénomènes de société, un effort de documentation ne serait pas de trop: si ces courants n’occupent pas le devant de la scène médiatique, ils furent comme des poissons dans l’eau dans quelques-uns des grands événements du siècle, de Mai 68 à l’automne chaud italien.

Evénements qui ont profondément marqué la fin du siècle dernier et, sait-on jamais en ces temps de crise, qui pourraient bien connaître une nouvelle jeunesse, une nouvelle figure dans les années à venir. « L’Insurrection qui vient » (dont le ou les auteurs, jusqu’à preuve du contraire, restent inconnus) est une œuvre complexe, profonde, éminement discutable et criticable mais certainement pas réductible, en sortant deux phrases, à une espèce de pièce à conviction dans un dossier de police.

L’exemple de la résistance au battage médiatique est venu, comme toujours, d' »en bas », du terrain de la vie réelle, des gens de Tarnac qui ont constitué un comité de défense. Il serait bon que ceux qui se chargent de nous informer aillent y faire un tour et répercutent aussi les voix dissidentes.

18
Nov
08

Chronique de Didier Porte France Inter – 18 novembre

A écouter là : http://tourdemars.musicblog.fr/917161/MARDI-18-NOVEMBRE-2008/

18
Nov
08

CP du comité de soutien

Communique de presse du 16 Novembre 2008

Le comité de soutien aux inculpés du 11 Novembre constate l’absence de preuves et les mensonges répétés de la police. On parlait le 11 Novembre de traces ADN, d’empreintes digitales etc… Trois jours apres, les dossiers sont vides.

Nous condamnons les incriminations sans fondement et démesurées. Nous condamnons l’utilisation du dispositif antiterroriste qui permet cette disproportion, cette injustice. Nous exigeons la libération des cinq personnes maintenues en détention et le retrait du chef d’inculpation « TERRORISTE ».

à Tarnac, le 16 Novembre 2008,

le comité de soutien aux inculpés du 11 Novembre.

17
Nov
08

Retour sur la traque de l’ultra-gauche

Repris de Bakchich.info ici :

Retour sur la traque de l’ultra-gauche

L’arrestation de neuf anars présentés comme « ennemis de la société », accusés d’avoir saboté les TGV, leur mise en examen et en détention ce week-end, pour cinq d’entre eux, est une histoire complexe.

Il se trouve que Julien Coupat, présenté par le procureur Jean-Claude Marin et une partie de la presse, comme « le cerveau de la cellule invisible », est une cible du FBI.

Comme les flics de ce service « mythique » ont beaucoup œuvré pour collecter un maximum d’éléments sur Hassan Diab, un Palestinien qui a longtemps vécu aux Etats-Unis (voir encadré), il y a dans l’arrestation de Coupat et consort un synchronisme magique : on vous aide sur Coupat, aidez-nous sur Diab. Il s’agit de recueillir des traces, ADN, empreintes, adresses, écrits, relevés téléphoniques, listes des amis du palestinien aujourd’hui prof de socio lors de son séjour aux USA. Outre une éventuelle embuscade tendue à nos fiers TGV, les anars sont aussi victimes d’un renvoi d’ascenseur qui marche de mieux en mieux entre Washington et Paris.

Hassan Diab et l’attentat de la rue Copernic

Mais que fait donc Julien Coupat, diplômé de l’ESSEC, 34 ans dans un dossier du FBI ? Lui qui, après avoir renoncé à l’immense bonheur d’une vie bourgeoise vit discrètement entre une ferme en Corrèze et un appartement à Paris ? Si l’histoire de l’intello relève d’un épisode de New York Police Blues, c’est parce que le camarade Coupat, outre la Corrèze, aime voyager. Ainsi, avec sa fiancée Yldune, il a, à la fin 2007, effectué un voyage un aux Etats-Unis. Mais, incorrigible, Coupat a choisit de fréquenter des anars, ces ennemis de l’ordre qui existent encore au paradis de Bush.

Des gauchos dans l’oeil du FBI

En janvier 2008, lors de son passage à New York, bon touriste, notre révolutionnaire de la Corrèze prend des photos de Time Square, le point le plus visité de la Big Apple. Quand, avec sa fiancée, notre Guevara de Tulle quitte les USA pour retourner au Canada, son visa qui n’est plus en règle. Il est « retenu » par le FBI, et la littérature, retrouvée dans ses bagages, confirme aux policiers que, pour changer le monde, Coupat croit davantage en Bakounine qu’en Arnold Schwarzenegger. Le voyage du Corrézien est donc reconstitué, ses amitiés militantes démasquées, ses documents et photos, dont les jolies vues de Time Square sont dupliquées.

Un peu plus de deux mois plus tard, le 6 mars, une grenade d’exercice fait sauter les vitres d’un centre de recrutement de l’armée situé, justement, à Time Square. C’est là que, pour le FBI, Coupat et ses potes américains deviennent un cœur de cible… D’où, a partir du printemps, une certaine pression de nos amis US sur l’ermite de Tarnac, le charmant bled où l’intello s’est retiré du monde.

Dès que cette requête venue d’outre-Atlantique tombe sur son bureau, la merveilleuse MAM se met à voir des anarchistes partout. Et il commence à pleuvoir dru sur les révoltés qui traînent trop aux manifs anti G8, G20 et autre « G »… Pour la toute nouvelle super police, la DCRI, qui regroupe DST et RG, c’est une « priorité absolue », que de pister et « neutraliser » ces anars.

Pourquoi pas capables, pense MAM, de nous faire un remake d’Action Directe ou encore un coup de folie à la Florence Rey et Audry Maupin (flingage à tout va place de la Nation) ?

Un autre élément, de « sécurité intérieure », pèse lourd sur le dos de ces jeunes enragés… Comme Mitterrand avait peur d’un attentat d’extrême droite, et avait créé sa pathétique cellule de l’Elysée pour le déjouer, Sarkozy craint un peu du côté de l’extrême gauche (pas celle de Besancenot).

Mitterrand avait peur d’Erulin, un agité du facho, et Sarko du Coupat, un agité du gaucho. Un lecteur de Proudhon et sans doute lui-même auteur d’un livre mystérieux, publié aux éditions La Fabrique », intitulé : L’Insurrection qui vient, un « mode d’emploi de l’action violente », dixit le procureur Marin. Les RG et les services de polices en général, ayant observé une « montée des violences et incivilités » contre ce qui symbolise l’Ump et Sarkozy, la traque de l’anar est devenue une grande cause nationale.

La chasse au drapeau noir ouverte depuis mai 2007

Dans l’affaire, premier protecteur du président à policier jusqu’à la mort, Claude Guéant qui continue de jouer un rôle à la Fouquet. Il faut dire que, dès l’élection de Nicolas Sarkozy nos zigotos pas contents étaient allés au (justement) « Fouquet’s », lieu de la libation néo présidentielle, pour se cogner avec le service d’ordre et même de mettre le feu au pantalon d’un maître d’hôtel !

Depuis dix mois, la chasse aux drapeaux noirs est donc ouverte. Et des maladroits se sont déjà fait prendre. Le 24 janvier deux jeunes, un garçon, F.F. et une fille, I.M., sont arrêtés par des douaniers pisteurs de shit au péage nord de Vierzon. Dans le sac d’I.M., les douaniers trouvent 1634 grammes de chlorate de soude, un désherbant qui, placé entre des mains expertes, permet de fabriquer un explosif. Aussi dans le sac à dos de la demoiselle, un manuscrit en italien : A chacun le vôtre. Mille façons de saboter le monde… F.F. et I.M. sont mis en prison. Si le garçon est aujourd’hui en liberté conditionnelle après 6 mois de cellule, au cours desquels il a été salement tabassé, I.M. est toujours en taule. On a trouvé son ADN sur une « botte » de quatre cigarettes qui, en se consumant, devaient mettre le feu à un allume barbecue, le tout placé, en mai 2007 donc pendant la présidentielle, sous une voiture grue de la préfecture de police de Paris parquée rue de Clignancourt. L’ADN, relevé sur la machine infernale qui a fait long feu, désignera aussi DB, autre jeune anar, comme co-auteur du piège à feu… Et lui aussi est en prison.

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Complot gauchiste en France
© Nardo

Le 19 janvier, donc cinq jours avant le « coup de filet » du péage de Vierzon, les policiers antiterroristes avaient déjà arrêté trois autres jeunes I.H,D.B celui qui est maintenant en cellule, et B.L, lors d’une manif contre le Centre de rétention des sans papiers de Vincennes. Ils avaient dans leurs sacs de gros pétards, des lunettes de ski ( ?), et des clous (comme Ravachol à croire que la chose est culturelle chez l’anar). Regroupés dans le même dossier, les mis en examen de cette rafle judiciaire de janvier 2008, attendent aujourd’hui de passer devant un tribunal. Pour éviter de réunir les magistrats de la Cour Anti terroriste pour une affaire de pétards et d’allume barbecue, il est à prévoir que ces cinq jeunes révolutionnaires risquent de se retrouver, on ne sait quand mais pas demain, dans le même box que Julien Coupat, « le cerveau ».

Et c’est ici que nous retombons sur la dernière battue de la traque, celle qui vient de conduire Coupat et ses amis, en prison. Les mises en examen des neufs de « la cellule invisible » n’a pas été une affaire simple. D’un côté nous avions MAM qui, peu soucieuse de respecter la présomption d’innocence, affirmait à Radio J « que les éléments de culpabilité étaient réunis pour accuser le groupe du sabotage des caténaires », une MAM aidée par le poids des mots du procureur Marin, et en face le juge Thierry Fragoli qui, visiblement, a lu des bouquins sur l’affaire des « Irlandais de Vincennes ». Un magistrat prudent qui n’a pas accepté de faire un show à la Bruguière. Heureusement, l’incrimination « d’association de malfaiteurs », cette originalité du droit français, qui permet elle de coller n’importe qui en prison, était là pour venir au secours du juge. Les neufs de la SNCF sont donc présumés coupables « d’association de malfaiteurs dans le but de commettre des actes terroristes »…

Puisqu’il faut bien reconnaître qu’en matière de preuves matérielles, dixit les avocats qui sont là pour ça, « le dossier est vide ». Et il est vrai que, pour placer les fameux étriers métalliques sur les caténaires des TGV à Pépy, il fallait emmancher l’étrier en question dans une perche d’au moins cinq mètres et que rien de semblable retrouvé par les enquêteurs. Par ailleurs, pour fabriquer le fameux piège, outre un savoir faire en métallurgie, il fallait une forge ou un chalumeau ainsi que du fer à béton et une disqueuse. La encore, c’est le bide.

L’accusation la plus déterminante a été recueilli selon un mode opératoire qui fait déjà bondir les avocats. Un personnage, disant être un « repenti » de la bande à Coupat s’est présenté dans une gendarmerie du Puy-de-Dôme. Il a expliqué aux pandores comment ses anciens amis voulaient changer le monde en pourrissant la SNCF… Le problème est que ce témoin capital est, et restera sans doute, anonyme puisque, à la suite d’une modification du code pénal, ce procédé qui rappel celui utilisé naguère par les Anglais contre les Nord-Irlandais, est maintenant admis.

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La pièce qui sert à rompre les catenaires

Selon un avocat appelé à défendre l’un des membres de la bande à Coupat : « l’accusation est nue. Rien ne démontre la culpabilité de mon client ni celle de ses amis dans cette histoire de TGV. Ces mises en examen ne sont rien de plus que la sanction du délit d’opinion, et du droit à manifester. Une forme de Patriot Act à la française »… Pour connaître la vérité (ou à peu près), lire les journaux ne nous suffira pas. Il faudra sans doute attendre le moment d’un procès. Mais l’important est que la Section antiterrorisme du parquet de Paris, et son procureur Marin et sa MAM n’aient plus peur du noir.

16
Nov
08

Arrêtez-nous, nous sommes des terroristes de l’ultra-gauche !

Nous aussi, nous avons manifesté dans notre vie,
Nous avons même manifesté contre la guerre et pour la paix dans le monde,
Certains d’entre nous ont même manifesté à l’étranger, et certains aux Etats-Unis,

Nous aussi, nous habitons ou aimerions habiter un village de 300 habitants,
Nous avons même imaginé vivre et habiter à la campagne et devenir épiciers,
Certains d’entre nous aimeraient reprendre une vieille ferme et planter des carottes,

Nous aussi avons des ordinateurs portables et des connexions Internets,
Nous avons même créé des blogs politiques et associatifs,
Certains d’entre nous connaissent même des sites libertaires ou anarchistes,

Nous aussi, nous possédons une carte des chemins de fer et destinations de la SNCF,
Nous avons, pour les plus jeunes, une carte 12-25 ans pour voyager moins cher,
Certains d’entre nous ont même été importunés par les voies ferrés dans leur promenade du dimanche,

Nous aussi, nous avons des livres à la maison,
Nous avons même des livres politiques qui expliquent comment renverser le système capitaliste,
Certains d’entre nous ont même écrit des livres subversifs expliquant comment organiser une action militante

Nous aussi, nous aimons la nature,
Nous avons même toutes et tous pensé faire de l’escalade pour profiter des paysages de montagne,
Certains d’entre nous ont même, dangereux qu’ils sont, des mousquetons et un casque d’escalade,

Nous aussi, nous sommes allés à l’école,
Nous avons même essayé de faire des études, voire beaucoup d’études,
Certains d’entre nous ont même obtenus leur diplôme BAC+5.

Nous sommes toutes et tous des terroristes de l’ultra-gauche : Arrêtez-nous !

15
Nov
08

Les «anarcho-autonomes», le fantasme du réseau et la réalité des écrits

Article Médiapart, par Jade Lindgaard :

– pour les abonnés : http://www.mediapart.fr/journal/france/121108/les-anarcho-autonomes-le-fantasme-du-reseau-et-la-realite-des-ecrits

– pour les non abonnés, l’article ci-dessous :

«Terroriste», «leader d’ultra-gauche», «illuminé»? Parmi les suspects arrêtés et placés en garde à vue, mardi 11 novembre, dans l’enquête sur le sabotage des caténaires de la SNCF, la police détient-elle un chef clandestin de la «mouvance anarcho-autonome»? Mercredi 12 novembre, les enquêteurs se montraient prudents sur les charges éventuelles pesant contre les dix personnes retenues, en l’absence de preuve matérielle les rattachant directement aux actes de malveillance sur les caténaires de lignes ferroviaires.

Mais sans attendre les résultats de l’enquête, les médias ont, dès l’annonce des arrestations par la ministre de l’intérieur, Michel Alliot-Marie, presque tous ouvert le procès de «la mouvance anarcho-autonome». Sous le feu croisé de leurs suspicions, une des personnes placées en garde à vue: Julien, 34 ans, parti vivre en Corrèze après un doctorat à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess). Sous surveillance policière depuis plusieurs mois, il a été aperçu, selon les enquêteurs, en Seine-et-Marne, dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 novembre, aux abords d’une ligne TGV. En compagnie de son amie, il serait descendu de son véhicule et aurait observé les lieux avant de repartir. Suspecté de «terrorisme», sa garde à vue peut durer quatre jours, soit jusqu’au samedi 15 novembre.

Une de Libération, 12 novembre 2008.

«Mouvance anarcho-autonome», «ultra-gauche»: les mots utilisés par la police pour désigner le milieu dans lequel évolue Julien semblent le cantonner à un extrémisme idéologique nihiliste. En réalité, depuis quelques années, il élabore avec d’autres un travail intellectuel et politique qui lui a valu une modeste renommée, assez sulfureuse, dans les cercles intellectuels. Son coup d’éclat est, paradoxalement, parfaitement anonyme: avoir contribué à la rédaction d’un pamphlet néo-situationniste devenu un succès de librairie, L’Insurrection qui vient. Paru en 2007 aux éditions de la Fabrique, ce court livre est signé du nom d’un collectif imaginaire, «Le comité invisible». Ecrit depuis un point de vue de clandestinité, ce texte se présente comme sans auteurs: «Ses rédacteurs n’en sont pas les auteurs. Ils se sont contentés de mettre un peu d’ordre dans les lieux communs de l’époque, dans ce qui se murmure aux tables des bars, derrière la porte close des chambres à coucher.» Il n’a fait l’objet d’aucun contrat avec son éditeur. Aucun droit d’auteur ne doit être versé.

«On ne sait pas qui l’a écrit, ce n’est certainement pas le manifeste de leur groupe», met en garde Stéphane Passadeos, collaborateur d’Eric Hazan, le directeur de la Fabrique, injoignable mercredi matin car en déplacement à l’étranger. A ce jour, selon l’éditeur, l’ouvrage s’est vendu entre 6.000 et 7.000 exemplaires. Plus d’un an après sa sortie, il continue de trouver son public. Il est probable que personne n’en revendiquera la paternité. Son ton péremptoire et donneur de leçon en a énervé plus d’un. Son jusque boutisme a soulevé de vifs oppositions, et jusque dans l’entourage de l’éditeur, certains se sont inquiétés de «l‘irresponsabilité» du texte. Mais son audience, inhabituelle pour ce type d’ouvrage et pour son éditeur, est le signe d’une capacité à saisir une époque.

« Il n’y a pas d’insurrection pacifique »

Récit bien écrit, L’Insurrection qui vient se déroule en deux temps. D’abord, celui d’un constat sans pitié, souvent sarcastique, contre la société de consommation, son aliénation au marketing, sa dépendance aux technologies mais aussi contre le travail et le salariat. Il est particulièrement cruel à l’égard des altermondialistes, des écologistes et de la gauche «bobo» qui prétendent «gérer la sortie du nucléaire, les excédents de CO2 dans l’atmosphère, la fonte des glaces, les épidémies…» mais ne font qu’aider le capitalisme à se maintenir. Ensuite, le temps de la solution: celui de l’appel à l’insurrection, à la dissidence, et à la sortie du système, nourri de références aux assemblées générales révolutionnaires et à la Commune.

Une du Parisien, 12 novembre 2008.

Cette dernière partie prend très clairement le forme d’un mode d’emploi. On y lit notamment, dans le chapitre intitulé «S’organiser» : «Comment rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique? Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran?». Pour quoi s’en prendre aux lignes à grande vitesse? Parce que, selon le livre, «l’infrastructure technique de la métropole est vulnérable: ses flux ne sont pas seulement transports de personnes et de marchandises, informations et énergie circulent à travers des réseaux de fils, de fibres et de canalisations». Stopper le flux, bloquer la circulation : il s’agit de saboter«la machine sociale». Cela ressemble à une forme d’anti technologisme ou de neo-luddisme, du nom du mouvement de ses ouvriers qui cassaient leur machine pour protester contre les emplois et la technique que leur volait le progrès. Les rédacteurs du livre seraient-ils passés à l’acte?

Le livre est habité par la vision d’un soulèvement à la fois destructeur et rédempteur. Mais non sans ambiguïté. «L’insurrection qui vient est en partie métaphorique. Il n’y a pas d’insurrection pacifique, écrit le comité invisible, les armes sont nécessaires: il s’agit de tout faire pour en rendre l’usage superflu. Une insurrection est davantage une prise d’armes, une « permanence armée« , qu’un passage à la lutte armée.» On est loin ici d’un appel littéral à la militarisation des mouvements sociaux. Contrairement à ce que laisse croire la qualification d’«ultra-gauche», les influences théoriques sont diverses, puisant aux sources du marxisme, du situationnisme, du luddisme, de l’anarchisme.

Dissidence, désertion, nouvelles formes de vie: cette utopie de l’exil, Julien l’a mise en pratique en partant s’installer avec des amis dans un village corrézien. Ils y ont fondé une communauté autogérée, autonome, très secrète. Loin des éditeurs parisiens, des institutions savantes et des salles de rédaction. D’autres collectifs, en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, parfois tout autant nourris d’aspirations intellectuelles, parfois mus par un simple désir de se rapprocher de la nature et de vivre de la terre, ont eux aussi fait le choix d’une installation rurale.

Certains sont fils de la bourgeoisie intellectuelle. D’autres non. Leurs trajectoires reflètent des aspirations collectives, minoritaires, mais sources de débats dans des cercles qui dépassent le nombre de ces néo-ruraux, sur la sortie du capitalisme, le rejet du contrôle social, la rupture d’avec la société marchande, les préoccupations écologiques. Beaucoup parmi eux se connaissent, échangent par Internet, partagent des lectures, se retrouvent de manière ponctuelle sur des manifestations ou des actions de désobéissance civile. Ces réseaux informels sont par définition internationaux. Ils ne dessinent pas pour autant un maillage terroriste du territoire.

Que Julien et son groupe soient ou non poursuivis par la justice – mercredi soir, ils n’étaient toujours pas mis en examen par manque de preuve matérielle les liant aux faits –, la tempête médiatique qui a soufflé contre le spectre de l’ «ultra-gauche» témoigne de la fébrilité de l’époque. Elle révèle la difficulté des commentateurs à se défaire de la référence aux années 70 et leur usage non distancié de la notion de terrorisme.

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Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/jade-lindgaard
[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/111108/sabotages-de-lignes-sncf-les-anarcho-autonomes-entre-violences-et-elucubration

14
Nov
08

LA CRISE FINANCIÈRE ? C’EST LA FAUTE À L’ULTRA GAUCHE !!!!

Il fallait un ennemi qui fasse l’unanimité. Les Etats-Unis ont Al Qaida, la France aura dorénavant l’Ultra-gauche. Des terroristes indicibles, indétectables, surentrainés, des experts… des anarchistes !

27500 actes de malveillances en 2007 contre les biens et les installations de la SNCF. Mais ceux-là sont très particuliers, ils ont été réalisés par des experts. Des gens qui possédaient des manuels pour résister aux interrogatoires de la police, des gens qui se réunissaient en secret pour refaire le monde, qui lisaient des livres sur l’anarchisme et, comble de l’extrémisme… ils possédaient des ordinateurs ! Ils avaient même réussi à se faire apprécier de leur village. C’est dire…

Des spécialistes surarmés

Sur TF1, on détaille les techniques des terroristes à grand renfort de détails. Au péril de leurs vies, ils se hissent sur les caténaires à 7 mètres de hauteur sur un câble de 25000 volts, et y posent un crochet qui, au passage du TGV, arrachait tout sur son passage. Curieusement, la plupart des incidents sont décrits comme ayant été provoqués par des blocs de béton déposés sur la voie, mais l’enquête journalistique suit son cours. Sur France 2, on évoque un attirail impressionnant, découvert lors des perquisitions : des livres, des barres métalliques, des cagoules, des fumigènes, des gilets pare-balles, ou encore… des tiges de fer. Armés jusqu’aux dents !

Une nébuleuse internationale

Autre détail croustillant, sur France 3 : ils ont protesté contre le CPE ! Et les images violentes défilent à l’écran. Ils ont manifesté en Allemagne ! Et les images violentes défilent à l’écran. Ils ont défilé aux Etats-Unis devant une caserne militaire ! Et les images violentes défilent à l’écran. D’ailleurs, cette caserne a été la cible d’un attentat un mois après, bizarre… Autre détail très important, l’opération de sabotage a été saluée par un groupe libertaire est-allemand. La preuve !

… surveillée par la police et le FBI

On en appelle aussi à l’expertise des techniciens de la SNCF. Aucun doute, il s’agit de sabotage, si quelqu’un en doutait encore. On en appelle aussi à l’expertise des experts, aucun doute, l’ultra-gauche est dangereuse, car indépendante et hors de contrôle : anarcho-autonomes, selon le ministère de la Justice. D’ailleurs, de nombreux rapports des RG le soulignent : les gens dangereux sont dangereux. La presse se risque même à reproduire les propos d’Alain Bauer, spécialiste parmi les spécialistes, sarkozyste parmi les sarkozystes, qui ose un rapprochement avec le groupe terroriste “Action Directe”. Sur France 3, Michèle Alliot-Marie déclare que ces gens étaient sous surveillance depuis longtemps, qu’ils ont été vus à proximité de voies TGV, que des rapprochements ont été faits, qu’ils étaient aussi sous surveillance du FBI, etc. La police et le FBI les auraient donc laissé faire ? “Il s’agissait donc bien d’actes de terrorisme” conclut le journaliste. CQFD.

Jugement sans appel d’une habitante de Tarnac : “On n’imaginait pas qu’ils étaient à la limite du terrorisme. Vous savez, les RG, en général, ils ne font pas de descente pour rien“… Tout est dit. Mais à chaque fois, après ce déferlement de témoignages à charge, un journaliste conclut le reportage, devant un bâtiment officiel orné de drapeaux tricolores, par une résurgence d’esprit journalistique : “on ne sait pas grand chose, il n’y a pas de preuve”. Ce qui a été confirmé par plusieurs sources judiciaires. Aucune preuve. Rien… au moment où l’on vous parle.

Une enquête ? Quelle enquête ?

Pire, même. Selon une information Europe 1, les dix gardés à vue n’ont pas été interpellés dans le cadre de l’enquête sur les sabotages de la SNCF, mais dans celui d’une enquête préliminaire ouverte le 16 avril par le parquet anti-terroriste. Cette enquête vise aujourd’hui à établir leur rôle dans des violences qui ont eu lieu lors de manifestations à Vichy début novembre et à Thessalonique début septembre. SNCF : “donner au train des idées d’avance“, dit le slogan, et aux journalistes, aussi…

Et si on trouvait des traces d’un compte bancaire, on pourrait aussi les accuser d’avoir fomenté la crise financière ? Les journalistes veillent au grain…

http://www.lesmotsontunsens.com/ultra-gauche-enquete-police-relaxe-innoce

12
Nov
08

Comment reconnaître un terroriste du rail ?

On a trouvé ce texte ici et on a adoré…

Comment reconnaître un terroriste du rail ?

1. Un terroriste du rail se reconnaît au fait qu’il est contre la guerre, mais avec une « rare véhémence ».

A tout seigneur, tout honneur, précisons que nos fins limiers ont été mis sur la piste des « terroristes de Tarnac » (Tarnac, 350 habitants, une église du XIème siècle, un château du XVIIème et 40 km de chemins de randonnée) par les américains qui ont signalé leur « chef » à la police française, comme le note le Figaro : « repérés à la fin de janvier pour des troubles à l’ordre public provoqués en marge d’une réunion anarchiste se tenant à Times Square à New York. Avec une rare véhémence, ils protestaient alors devant un centre de recrutement de l’armée américaine qui, d’ailleurs, a été frappé par un attentat le mois suivant. »

2. Un terroriste du rail se fait passer pour un individu « normal » : il trompe son monde en se dissimulant sous les traits de fermiers ou d’épiciers.

Le journal La Montagne avait rencontré les six jeunes femmes et quatre jeunes hommes devenus les « terroristes de Tarnac »… et n’y avait vu que du feu !

Le journal « La Montagne » nous les décrit comme habitants d’un bâtiment appelé « La ferme » qu’ils avaient achetés. Le maire de la commune, Jean Plazanet a déclaré à l’AFP que les jeunes qui l’occupaient l’avaient acheté en 2003. Ils y élevaient des moutons et entretenaient un potager. Cette communauté recevait des visiteurs venant de Grèce ou d’Italie. Ils étaient très bien intégrés dans la commune où l’un gère une épicerie qui fait également office de station-service. Les habitants interrogés ont été unanimes : ils sont très sympa.

« Il y a trois ans, en posant leurs valises sur le plateau, dans un hameau non loin de Tarnac, Gaëtan, 25 ans, et Benjamin, 30 ans, ne pensaient pas devenir commerçants. Lorsqu’ils ont débarqué avec une vingtaine de potes pour retaper une vieille ferme, les rumeurs ont d’ailleurs été bon train. « Tout est parti de notre volonté de travailler là où on vit. Car on n’est pas venu ici pour faire du fric », explique Gaëtan. Pour preuve, il est également devenu président du comité des fêtes », observe la Montagne.

3. Un terroriste du rail écrit

Autre élément à charge : il semble qu’ils écrivaient ! Selon Sud-Ouest, ce groupe aurait participé à la rédaction d’un ouvrage intitulé « L’insurrection qui vient », signé d’un énigmatique « Comité invisible » et paru aux éditions de La Fabrique. En voici quelques extraits.

4. Un terroriste du rail est étroitement surveillé par la police, mais parvient toujours a déjouer sa vigilance pour commettre ses forfaits sans jamais laissé ni indice, ni trace.

Voilà qui est accablant pour nos dix de Tarnac, c’est même signé : il n’y a pas de preuves contre eux comme le note le point. Seul des terroristes peuvent détruire les preuves avec autant d’adresse alors qu’ils sont étroitement surveillé par la police !

5. Les terroristes commettent des attentats même pendant leur garde à vue

C’est ainsi qu’un train percute une plaque de béton posée sur les rails par malveillance près d’Alençon, le 11/11 à 17h30, alors que les 10 jeunes gens étaient en garde à vue.




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