Posts Tagged ‘ultra-gauche

12
Mai
09

« Les policiers ont fait ‘Bingo !’ comme s’ils avaient découvert une cache d’armes »

Il est plus que tenps de se bouger… si ce n’est pas encore le cas !Entrons en résistance active.

LE MONDE | 11.05.09 | 10h32  •  Mis à jour le 11.05.09 | 13h16
Tessa Polak a « la rage ». Interpellée le 28 avril par la police antiterroriste (SDAT), placée en garde à vue 72 heures puis relâchée sans aucune charge, cette femme de 36 ans, photographe de profession, dénonce aujourd’hui une « manœuvre d’intimidation ».Membre active d’un comité de soutien aux neuf personnes mises en examen dans l’affaire des sabotages de voies SNCF, elle en connaît quelques-unes, en a croisé d’autres à Tarnac, en Corrèze, où elle s’est déjà rendue. Mais elle ne s’attendait pas, six mois après l’arrestation des neuf le 11 novembre 2008, a être, à son tour, interpellée de la sorte dans la rue. Depuis lors, elle collecte les témoignages.

Ce 28 avril, en début d’après-midi, Tessa Polak circule en voiture dans le 20e arrondissement à Paris avec Benjamin Rosoux, l’un des mis en examen de Tarnac, à ses côtés. « A l’angle de la rue des Pyrénées et de la rue du Jourdain, alors que je ralentissais, une nuée de types a surgi, dit-elle. Ma vitre était ouverte, je me suis retrouvée avec un pistolet sur la tempe tandis que deux autres me braquaient de face. J’ai cru à un car-jacking. » Il s’agit en fait de policiers en civil. Eberluée, elle ne se souvient que de ces mots : « Terroriste ! Terroriste ! »

Menottée, elle est embarquée dans une autre voiture, tandis que Benjamin Rosoux est planté sur le trottoir, et emmenée à son propre domicile où a lieu une perquisition. Sur place, la police saisit ses ordinateurs et deux piles de L’insurrection qui vient. Ce livre collectif et anonyme, en vente libre, est perçu par la police, qui l’attribue à Julien Coupat, comme la doctrine du groupe. Il a été versé, dans son intégralité, au dossier d’instruction et vaudra d’ailleurs à son éditeur, Eric Hazan, d’être entendu le 9 avril par la police antiterroriste.

Dans le coffre de la voiture de Tessa Polak, la SDAT en découvre 400 autres exemplaires. « Ils ont fait ‘Bingo !’, comme s’ils avaient découvert une cache d’armes, ironise-t-elle. Sauf que quand ils m’ont demandé d’où ça venait, je leur ai dit que j’étais passée chez l’éditeur et que je comptais les distribuer dans le cadre du comité de soutien, ce qu’ils savaient déjà. »

Tout au long de sa garde à vue, et des « 8 à 10 interrogatoires », la jeune femme comprend qu’elle a fait l’objet d’une surveillance. Aux policiers qui lui demandent pourquoi elle a prêté son véhicule, en novembre 2008, à trois des mis en examen, dont Benjamin Rosoux, elle répond : « Ma voiture je l’ai prêtée comme ma maison est ouverte, mon frigo est ouvert… » « Ce qui m’a étonnée, poursuit Tessa Polak, c’est que leurs investigations portaient beaucoup sur le livre. Le type de questions qu’ils m’ont posé, la manière avec laquelle ils le faisaient, c’était pour valider leurs fantasmes. Le mot ‘cellule’ revenait sans cesse… »

Après 48 heures, elle est brièvement présentée au juge d’instruction Thierry Fragnoli pour une prolongation de sa garde à vue. Tessa Polak jure alors l’avoir entendu dire : « Ce n’est pas ma faute mais vous allez payer pour les autres. » « J’étais sonnée », dit-elle.

Avec le recul, la jeune femme analyse son interpellation comme une « manœuvre d’intimidation, une façon de briser les solidarités actives, d’envoyer des signaux, et de banaliser les garde à vue ». « Sinon, ajoute-t-elle, pourquoi m’ont-ils convoquée de cette façon ? Quand je leur ai demandé, ils ne m’ont pas répondu. » Après cette interpellation, et celle de plusieurs étudiants, soupçonnés d’avoir participé à une manifestation non autorisée en faveur, notamment, de Julien Coupat, dernier des mis en examen à être toujours incarcéré, les comités de soutien – il en existerait une cinquantaine en France –, se sentent sous pression. « Il y a une demande très pressante de “guides” de garde à vue », ironise Frédéric Combarieu, membre du comité parisien.

Alors que le juge des libertés et de la détention doit une nouvelle fois statuer sur la demande de remise en liberté de Julien Coupat, ce dernier lassé des fouilles et de cette « farce », a demandé à ne pas être extrait de sa cellule pour l’occasion. Pour les mêmes raisons, le comité de soutien ne se rassemblera pas non plus ce jour-là. Mais plusieurs initiatives en mai, des concerts notamment, sont à l’ordre du jour

Isabelle Mandraud
Article paru dans l’édition du 12.05.09
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01
Mai
09

Didier Porte – Au secours, l’ultragauche revient !

9 avril 2009, sur France Inter.

13
Avr
09

Législation d’exception : le cas Julien Coupat et Yldune Lévy

Par Michel Terestchenko

Publié le 28 décembre 2008 ici. Nous ne l’avons découvert que récemment et vous proposons de (re)lire avec nous ce très bon texte.

Lors d’un colloque qui se tint à Berlin à la fin des années quatre-vingt-dix, le professeur de droit, Günther Jakobs, recommandait que nos sociétés démocratiques établissent une distinction entre le droit pénal des citoyens et le droit pénal de ceux qu’il appelle « les ennemis de l’ordre public » : « Celui qui veut être traité comme une personne, expliquait-il, doit de son côté donner une certaine garantie explicite qu’il va se comporter comme une personne. Si cette garantie fait défaut, ou même si elle est formellement refusée, le droit pénal n’est plus la réaction de la société contre l’un de ses membres, mais devient la réaction contre un ennemi. »

Une telle distinction, qui entend légitimer l’instauration d’une législation de combat, présuppose que tout citoyen soit en mesure d’apporter la preuve que son comportement – non ses actes, serait-il simplement soupçonné de les avoir commis – ne constitue pas une menace potentielle pour la société. Si l’on devait suivre une telle recommandation s’instaurerait un ordre du soupçon généralisé auquel personne ne pourrait échapper, mettant radicalement en cause la présomption d’innocence et les principes fondamentaux de notre conception du droit. S’agit-il là de simples divagations d’un universitaire, conduisant à appliquer à tout citoyen la distinction établie par le juriste Carl Schmitt entre l’ami et l’ennemi ?

Il y a, hélas, tout lieu de craindre que non si l’on considère l’évolution des mentalités gouvernementales et des pratiques judiciaires. Je parle ici de la France, non de l’Allemagne. On en voit un triste exemple dans le sort réservé à Julien Coupat et à sa compagne, Yldune Lévy. Tous deux ont été incarcérés, le 16 novembre 2008, avec plusieurs membres d’une prétendue « cellule invisible », pour leur responsabilité présumée dans le sabotage contre les lignes TGV, qualifié d’« entreprise terroriste », mais ils sont les seuls à être aujourd’hui encore maintenus en détention sans qu’aucune preuve formelle n’ait pu, semble-t-il, être apportée de leur participation à cette action. Une action, au reste, qui, en seraient-ils responsables, ce qui n’est pas établi, ne relève nullement de l’intention de faire régner la terreur par un attentat contre des civils innocents, sauf à tomber dans une lamentable et effrayante dérive sémantique. C’est pourtant là le point décisif, car c’est principalement sur la base de cette qualification des faits que la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a décidé, vendredi 26 décembre, de maintenir Julien Coupat en détention préventive. Quant à Yldune Lévy, elle n’a toujours pas été auditionnée par un juge d’instruction, un mois et demi après son arrestation.

À l’origine de cette étrange rigueur, une circulaire, datée du 13 juin 2008, de la Direction des affaires criminelles et des grâces du Ministère de la Justice qui s’inquiète de la « multiplication d’actions violentes commises sur différents points du territoire national susceptibles d’être attribuées à la mouvance anarcho-autonome ». Est demandé aux parquets d’« apporter une attention particulière à tous faits (des inscriptions — tags — jusqu’aux manifestations de soutien à des étrangers en situation irrégulière) pouvant relever de cette mouvance afin d’en informer dans les plus brefs délais la section antiterroriste du parquet du tribunal de grande instance de Paris pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un dessaisissement à son profit ». Dans un communiqué intitulé « La Direction des affaires criminelles voit des terroristes partout » (26 juin 2008), le Syndicat de la magistrature soulignait le risque que cette circulaire pouvait faire courir, celui « de permettre une extension quasi illimitée d’une législation d’exception » et « de renforcer la répression à l’encontre des différents acteurs du mouvement social ».

Une inquiétude aujourd’hui amplement justifiée par les faits.

Nous apprenons, en effet, que Julien Coupat et Yldune Lévy, incarcérés l’un à la prison de la Santé et l’autre à Fleury-Mérogis, sont traités comme des Détenus Particulièrement Surveillés (DPS), auxquels s’appliquent des mesures de précaution liées à leur prétendue dangerosité.

C’est ainsi que, selon une révélation du Canard enchaîné du 17 décembre, « depuis un mois, à la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis, la nuit, toutes les deux heures, la lumière s’allume dans la cellule d’Yldune Lévy, présumée d’« ultragauche » saboteuse de caténaires SNCF. (…) Officiellement, c’est « pour la protéger d’elle-même ». En réalité, comme le concèdent des juges en privé, il s’agit d’abord d’« attendrir la viande » de cette « dangereuse terroriste ».

À la question posée par le journal Libération (11 décembre) : « Comment s’expriment leurs velléités terroristes ? », le contrôleur général Christian Chaboud, responsable de la lutte antiterroriste, a répondu : « De par leur attitude et leur mode de vie. » »

Avec l’altération des rythmes de sommeil, c’est ainsi une des méthodes de privation sensorielle utilisée à grande échelle par les forces américaines dans le cadre de la guerre contre la terreur, qui serait employée en France à l’endroit d’une personne présumée innocente. Le but est toujours le même : briser la résistance psychique du détenu. Or de telles pratiques dont la capacité destructrice est indéniable sont qualifiées, en droit international, d’actes de torture . C’est à ce titre qu’elles font l’objet d’une prohibition inconditionnelle.

Nul besoin d’entrer dans le fond du dossier ni d’être lié à la mouvance de l’ultra-gauche, pour dénoncer et condamner ces méthodes dont l’apparition et la légitimation sont inévitables dans une société où le discours de la menace et de la peur conduit à bafouer les règles de la justice ordinaire. À quoi bon s’indigner de la législation d’exception mise en œuvre par l’administration Bush à Guantanamo sur des centaines de prétendus terroristes si nous entrons à notre tour dans la même régression, serait-elle de moindre gravité, à la faveur d’un consensus plus ou moins tacite ? Au-delà de décisions de justice qui éveillent, pour le moins, notre perplexité – même si nous ne savons pas tout et qu’une certaine prudence s’impose -, au-delà du traitement carcéral réservé à ces détenus, qui sont toujours, faut-il le rappeler, présumés innocents, et qui soulève notre indignation, au-delà même du développement de l’esprit sécuritaire dont nous devons refuser les pièges parce qu’il ébranle la garantie que la démocratie doit apporter à la défense des libertés publiques fondamentales, c’est d’abord la métaphorisation de la notion de terrorisme qu’il faut rejeter absolument. Lorsque le langage cesse d’établir et de garantir notre relation de confiance avec le monde, il y a tout lieu de craindre que la société vacille dans son ensemble. La justice en particulier. Notre devoir de vigilance a dans les temps présents, ici et ailleurs, trouvé assez de raisons de s’exercer pour que nous exigions que notre démocratie demeure respectueuse des principes qui la constituent et qu’aucune forme de torture, serait-elle psychologique, ne s’exerce à l’endroit de quiconque. L’extension immodérée de la justice d’exception est une dérive dont personne ne peut désormais être assuré qu’il n’en soit un jour victime.

04
Avr
09

Après Outreau, Tarnac

publié dans Libération le 3 avril (voir ici).

Si on peut douter de la réelle volonté du PS de faire libérer Julien Coupat… intéressant d’utiliser les tribunes que certains d’entre eux publient pour renforcer les exigences du comité de soutien : libération et levée des poursuites.

André Vallini député PS de l’Isère et ex-président de la commission parlementaire d’Outreau.

Depuis quelques jours, des informations circulent selon lesquelles le dossier de l’affaire dite de Tarnac ne contiendrait «ni preuves matérielles ni aveux malgré une surveillance très ancienne du groupe». Si ces informations sont confirmées, la décision de maintenir Julien Coupat en détention serait un abus manifeste, grave et caractérisé de la détention provisoire, alors même qu’il existe des possibilités de contrôle judiciaire très strict allant jusqu’à l’assignation à résidence, qu’il y a des possibilités d’empêcher toute concertation entre les protagonistes présumés de cette affaire et qu’il est tout à fait possible de s’assurer des garanties de représentation d’une personne mise en examen. Cet abus potentiel, je l’ai dénoncé dès le mois de décembre et malgré les pressions et les mises en garde je vais continuer.

Les leçons d’Outreau semblent décidément ne pas avoir été retenues par la justice française : le principe de notre procédure pénale qui veut que la liberté soit la règle et la détention l’exception est violé chaque jour et la présomption d’innocence est encore trop souvent bafouée dans notre pays.

Alors que l’affaire a commencé depuis près de six mois, il semble que les services de police ont de plus en plus de mal à établir les charges concrètes qui pourraient être retenues contre Julien Coupat et que cette affaire risque de se terminer en fiasco politicojudiciaire pour le gouvernement qui avait tenté de l’instrumentaliser. L’affaire de Tarnac est en effet une illustration des dérives du pouvoir actuel qui cherche à entretenir un climat, pour ne pas dire une psychose sécuritaire, et comme la délinquance ne suffit plus toujours à impressionner l’opinion publique, il semble qu’il cherche à utiliser la menace terroriste en essayant de l’amalgamer avec la mouvance de l’ultragauche. Le zèle de Michèle Alliot-Marie est à cet égard révélateur, qui a parlé de «terrorisme de l’ultra-gauche», du «noyau dur d’une cellule qui avait pour objet la lutte armée», rappelant Raymond Marcellin qui, dans les années 1970, voyait de dangereux gauchistes partout.

Outre celle de la détention provisoire, l’autre question que pose cette affaire est celle de «l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» incrimination beaucoup trop vague permettant d’englober des faits qui ne relèvent pas directement du terrorisme et de leur appliquer un régime dérogatoire qui réduit considérablement les droits de la défense. Depuis plusieurs années, de renoncements en arrangements, une procédure pénale dérogatoire au droit commun s’est considérablement développée. Or, il est évident que l’efficacité de la lutte légitime contre le terrorisme ne se situe pas sur ce terrain et en tout état de cause, une menace «hors norme» ne saurait justifier la mise en place d’une justice «hors norme» aboutissant à porter atteinte à la présomption d’innocence et aux libertés fondamentales. Au moment où Barack Obama s’apprête à démanteler Guantánamo, ce n’est faire preuve ni d’angélisme ni de naïveté de prétendre que la démocratie et l’Etat de droit ne se défendent jamais aussi bien qu’en utilisant les armes de la démocratie et de l’Etat de droit.

29
Mar
09

135 jours – ya basta – libérez Julien Coupat !

Alors que Julien Coupat est incarcéré depuis plus de 135 jours, nous devons être nombreux à exiger sa libération immédiate. Ya basta. Ca suffit.

Le Monde vient de démontrer que le dossier est vide (voir ici).

Faisons monter la pression pour exiger sa libération, pour exiger que les faits reprochés soient requalifiés en actes de malveillance, et pour que la vérité soit donnée sur ces actes de malveillance…

Occasion de publier deux vidéos que nous n’avions pas encore publiées :

Un reportage avec une lettre ouverte des parents et des interviews :


Une interview du père de Julien Coupat

08
Mar
09

des documents subversifs pour être arrêté-e-s…

Un début de recueil de textes et documentsqui peuvent susciter les soupçons de terroristes ou terroristes en puissance :

05
Fév
09

Confettis et lacrymo pour les inculpés de Tarnac

Publié dans Libération ici.

Par Gaël Cogné

Manif . Un défilé hétéroclite de soutien s’est tenu samedi à Paris.

Des drapeaux noirs qui claquent au vent. Devant le jardin du Luxembourg, à Paris, ce samedi, environ 3 000 personnes (1 200 selon la police) sont venues manifester leur soutien aux inculpés de « l’affaire de Tarnac ». Un mélange hétéroclite de membres du comité de soutien de Tarnac, d’autonomes, d’anarchistes, de communistes, de verts, de faucheurs volontaires, de militants des droits de l’homme… Il y a même des Corses qui tractent pour Yvan Colonna au milieu des premiers fumigènes. Quelques personnes portent des masques blancs siglés « terroriste ». En tête de cortège, Gérard Coupat reste discret. Son fils, Julien, est le dernier des inculpés dans l’affaire des sabotages de ligne SNCF à être incarcéré. Au-delà du soutien aux inculpés, Pierre Seigneur, de Tulle (Corrèze), est venu « pour défendre les libertés d’expression, le droit de vivre comme on veut… » Il parle d’Edvige, de l’affaire De Filippis, du fichier Base-élèves.

Confettis. A chaque intersection, les forces de l’ordre bloquent les voies et filment. En queue de cortège, des clowns de la BAC (Brigade activiste des clowns) aspergent de confettis un policier en civil, la main sur l’oreillette. « Les RG, avec nous ! » La manifestation passe devant une permanence du PS. Un homme inscrit avec sa bombe de peinture bleu : « à brûler ».

Les manifestants débouchent près de la prison de la Santé, où se trouve Julien Coupat. Des sifflets et des cris. Puis des tirs de feu d’artifices, jets de bouteille, bombes de peintures, pétards, fumigènes, yaourts. Derrière leurs boucliers, les policiers ne bronchent pas (1 250 hommes ont été déployés).

La manifestation remonte vers la place Denfert-Rochereau. Michel Lévy, le père d’Yldune, récemment libérée, s’entretient avec des habitants de Tarnac. « Cette manifestation est un peu fourre-tout, dans le bon sens du terme : chacun y amène sa part. » Une habitante d’une commune voisine de Tarnac raconte que 109 personnes sont venues en car du plateau de Millevaches et des communes de Tulle et Limoges. Elle n’a jamais milité, mais là, « trop, c’est trop ». Pour elle, on s’attaque à un mode d’existence, à des gens « qui veulent vivre autrement ».

Petit à petit, la place se vide. Rendez-vous a été donné pour certains au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne) pour soutenir les sans-papiers. Les CRS repoussent les retardataires vers la station de métro. Des échauffourées éclatent. Odeurs de gaz lacrymogène. Les usagers sortent les yeux larmoyants, apeurés. Selon la préfecture, 15 personnes auraient été interpellées pendant la manifestation et 8 policiers blessés (dont deux hospitalisés).

Gendarmes. La nuit est tombée quand quelques centaines de manifestants arrivent à Vincennes. Là encore, le dispositif est impressionnant. Les gendarmes mobiles bloquent les routes. Des policiers en civil contrôlent les manifestants dès la sortie du RER sous les yeux médusés des habitants. « Un pote à moi a été interpellé. Il avait un marteau dans son sac », raconte un militant qui tourne dans l’obscurité autour du centre de rétention administratif, sans parvenir à s’approcher. Aux abords de l’établissement, des heurts opposent des manifestants aux gendarmes mobiles vers 19 h 30. Plusieurs personnes sont interpellées.




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